En quittant la CEDEAO pour fonder l’Alliance des États du Sahel (AES), le Mali, le Burkina Faso et le Niger redessinent les équilibres régionaux. Derrière la volonté de souveraineté, une fragilité sécuritaire persistante et un isolement diplomatique croissant.
Dans un communiqué lu dimanche 6 avril dans soirée à la télévision malienne, les trois pays membres de l'AES (Alliance des États du Sahel), le Mali, le Niger et le Burkina Faso, annoncent rappeler leurs ambassadeurs accrédités en Algérie. Une décision prise après la destruction d'un drone de l'armée malienne par Alger dans la nuit du 31 mars au 1er avril. « Un acte d'hostilité du régime algérien », selon le communiqué de l'AES. Selon Alger, le drone en question avait pénétré dans le territoire algérien, ce que conteste Bamako. L'armée malienne avait elle assuré que le drone n'était pas entré sur le territoire algérien.
La junte a annoncé mardi 1er avril au soir la remise en liberté d’une cinquantaine de personnes, dont d'anciens ministres du régime civil renversé en juillet 2023 par un coup d'État, conformément aux recommandations des « assises nationales » de février.
Le paysage politique nigérien a été profondément transformé avec la dissolution de tous les partis politiques, sur décision du général Abdourahamane Tiani. L’annonce a été faite le 26 mars, lors de la cérémonie officielle consacrant son investiture à la tête du pays pour une période de cinq ans, ajustable en fonction des circonstances. Cette mesure découle des recommandations issues des assises nationales organisées le mois précédent.
Au Niger, un premier signe de vie d'Alassane Souleymane, enlevé il y a un mois. Ce haut fonctionnaire nigérien a été kidnappé le 11 janvier dans le parc national du W, au sud du pays, à la frontière avec le Burkina Faso, par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim).
Au Niger, Seyni Amadou, rédacteur en chef de la chaîne privée Canal 3, est toujours en garde à vue. Il a été arrêté samedi 18 janvier et reste détenu à la police judiciaire. Cette interpellation fait suite à la décision des autorités de suspendre Canal 3 pour un mois, après la diffusion d’un baromètre évaluant les performances des ministres du gouvernement.
Moussa Tchangari, figure emblématique de la société civile et Secrétaire général de l'ONG Alternative Espaces Citoyens, a été incarcéré le 3 janvier 2025 dans une prison située à l'est de Niamey, après un mois de garde à vue. Son organisation a confirmé cette information tout en dénonçant les conditions de sa détention. Selon Mamane Kaka Touda, l’un de ses proches collaborateurs, Moussa Tchangari conserve un moral d’acier malgré son emprisonnement : « Ce qu'il nous a dit surtout, c'est de continuer le travail que nous faisons en faveur des populations vulnérables. Il est sûr de lui et attend que les autorités apportent la moindre preuve des accusations portées contre lui. Moussa nous inspire tous à continuer notre combat pour les droits humains et la justice. »
Le ministère des Affaires étrangères du Nigeria a publié, ce samedi 21 décembre 2024, un communiqué rejetant fermement les accusations portées par le Niger. Niamey avait accusé son voisin de « servir de base arrière à la déstabilisation du Niger » en complicité avec certaines puissances étrangères et des dignitaires de l’ancien régime en exil au Nigeria.
Le groupe français Orano a annoncé la suspension de sa production d'uranium au Niger à compter du 31 octobre. Cette décision fait suite à l'impossibilité d'exporter en raison de la fermeture des frontières entre le Niger et le Bénin depuis le coup d'État de juillet 2023. La filiale locale du groupe, la Somaïr, traverse de grandes difficultés financières, ce qui contraint Orano à interrompre les activités du site d'Arlit, situé dans le nord du pays. Le groupe a qualifié cette mesure de « navrante » mais inévitable.