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samedi, septembre 5, 2026

Tunisie : Plus de 500 migrants expulsés du centre-ville de Sfax

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Massinissa Benlakehal
Massinissa Benlakehal
JRI - Correspondant zone Maghreb

Les forces de sécurité tunisiennes ont mené, ce dimanche, une opération d’expulsion de pas moins de 500 migrants d’Afrique subsaharienne au centre-ville de Sfax. 

Le délégué de la ville de Sfax Khalil Akrouti a indiqué dans une déclaration transmise à l’agence Tunis-Afrique Presse (TAP) que « des migrants, particulièrement de la communauté soudanaise, investissent la place depuis deux mois ».

« Les forces de sécurité ont évacué dimanche matin une place sur laquelle environ 500 migrants étaient rassemblés dans le centre de Sfax », a déclaré Romdane Ben Amor, porte-parole du Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES), cité par l’AFP. 

Selon lui, les migrants « ont été dispersés par petits groupes en direction de zones rurales et vers d’autres villes ». Les autorités mènent depuis samedi une vaste campagne sécuritaire contre les migrants clandestins, originaires pour la plupart de pays d’Afrique subsaharienne. Elles ont annoncé l’arrestation de près de 200 migrants subsahariens « qui s’apprêtaient à effectuer une traversée clandestine » vers les côtes européennes.

Des centaines de migrants en situation irrégulière pour grand nombre d’entre eux ont été chassés de leurs logements début juillet dernier, notamment dans la ville de Sfax, conséquence du discours incendiaire du président Kais Saïd en février dernier. À la suite de discours qualifié de raciste et de dangereux par plusieurs organisations de défense de droits de l’homme, la communauté migrante irrégulière en Tunisie a été victimes d’agressions et des centaines autres ont été rapatriés par leurs ambassades respectives, en laissant tout derrière eux. 

Le nombre de migrants irréguliers à Sfax est estimé à environ 17 000 subsahariens se trouvent dans la ville de Sfax, sur un total de 80 000 à travers le pays, selon le ministre tunisien de l’Intérieur, Kamel Feki

La ville de Sfax, au sud de Tunis, a souvent été le théâtre de protestations, des derniers mois, à la suite d’un mécontentement grandissant des habitants contre la présence de migrants subsahariens en situation irrégulière. 

Cette ville côtière, considérée également comme poumon économique du pays, est devenu un des points de départs importants des candidats à la traversée clandestine de la Méditerranée à destination de l’Europe, plus particulière l’Italie. 

À noter que cette partie du littoral tunisien se trouve à moins de 130 km de l’île italienne de Lampedusa, soit entre 10 à 15 heures de navigation quand les conditions maritimes sont au vert à l’aide des embarcations de fortune empruntés par les migrants.

La ville attire, également, les migrants et leurs familles parce qu’elle leur offre beaucoup d’opportunités de travail, notamment dans les usines de montage ou encore les chantiers de constructions. 

La Tunisie connaît depuis le début de l’année 2023 une augmentation remarquable des flux migratoires irréguliers vers l’Europe, notamment vers les côtes italiennes.

En juillet dernier, une opération d’expulsion similaire a provoqué l’expulsion de la même ville de centaines de migrants par les forces de sécurité tunisiennes vers une zone frontalière désertique avec la Libye où au moins 27 sont morts et 73 portés disparus.

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