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samedi, janvier 17, 2026

Namibie : une situation économique difficile

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Innocent Muyanga Ziba
Innocent Muyanga Ziba
Journaliste anglophone - Malawi

La Namibie est un pays stable politiquement et économiquement depuis qu’elle a obtenu son indépendance de l’Afrique du Sud en 1990. Elle devient alors un État unitaire et possède un régime politique parlementaire. Le gouvernement doit donc avoir l’appui du Parlement pour avoir une légitimité politique. En 2014, Hage Geingob ainsi que l’Organisation du peuple du Sud-Ouest africain (SWAPO) remportent les élections législatives. Il entamera alors un mandat d’une durée de cinq ans avec son parti. 

Malgré la richesse de ses terres, la Namibie demeure incapable de se débarrasser des problèmes économiques et sociaux auxquels elle fait face depuis son indépendance. La répartition inégale des richesses entre la minorité blanche et la majorité noire vient influencer en grande partie cette incapacité à afficher un bilan économique positif. 

Une année économique difficile 

Au cours des années 2011 à 2015, la Namibie connaissait une croissance annuelle moyenne de 5,6 %. Cependant, le pays a connu une baisse de production importante en 2016, puisqu’il était affecté par une sécheresse et la baisse des matières premières. La croissance économique du pays chute jusqu’à 1 %. Le ralentissement de la production des matières premières a particulièrement affecté les secteurs de l’industrie minière, de la construction et des diamants. 

Le secteur minier est crucial pour la Namibie, il représente environ « 10 % du PIB namibien » et consiste en la moitié des recettes d’exportation. La Namibie est un important producteur de diamants, ainsi que le troisième producteur mondial d’uranium. 

Pour répondre à cette baisse de production, le gouvernement été obligé d’adopter des mesures d’austérité dans le cadre de ses budgets de 2016 et 2017. L’objectif est de réduire les dépenses publiques afin de ralentir la dette publique du pays qui s’élevait à 4,8 milliards d’euros en 2017. Des mesures drastiques ont été prises par le gouvernement, telles que l’obligation pour des milliers de soldats de prendre congé afin de réduire les différents coûts reliés au maintien de l’armée namibienne. 

Une illusion de richesse 

La Namibie est un des pays africains les plus riches. Le produit intérieur brut (PIB) par habitant du pays a été calculé à 6 021 $US (en 2016). Toutefois, cette statistique ne démontre pas la réalité sociale de la Namibie. En effet, la richesse est concentrée entre les mains d’une minorité très faible d’origine européenne et blanche. Cette même minorité ne représente que 6 % de la population totale, mais contrôle la majorité du PIB. 

La Namibie a un taux de chômage de 25,59 % en 2016. Il est important de mentionner que le pays possède seulement une population de 2,5 millions et que ce sont principalement les jeunes adultes qui souffrent du chômage. De plus, le pourcentage d’habitants vivant en dessous du seuil international de pauvreté est similaire au taux de chômage. 

L’année 2017 enregistre des activités économiques nettement plus négatives que l’année 2016. Selon l’Agence nationale des statistiques namibienne (NSA), l’ensemble des activités industrielles du pays présente une baisse de 1,7 % du PIB. Il s’agit d’un taux supérieur de 1,3 % comparativement à l’année précédente. Cette mauvaise performance s’explique par l’incapacité des secteurs de la construction, du commerce, et de la pêche à générer des revenus supplémentaires à la suite des années antérieures. 

Un cercle vicieux 

Pour les plus défavorisés, l’option la plus facile passe souvent par la criminalité. La pauvreté extrême en Namibie engendre alors ce cercle vicieux que connaissent plusieurs pays pauvres et en développement. La combinaison de la pauvreté et de la criminalité représente un défi pour tous les pays en situation de pauvreté. 

Dans le cas de la Namibie, la criminalité affecte surtout le secteur du tourisme. Selon le département d’État des États-Unis, la police locale ne possède pas l’entrainement, le financement et les ressources nécessaires pour prévenir et combattre la criminalité. De plus, les États-Unis affirment que les crimes reliés aux drogues ne sont pas particulièrement présents, puisque le pays n’est pas un producteur de drogues. 

Selon l’agence Global Peace Index, le niveau de la criminalité violente de la Namibie se situerait à 3 (5 étant le plus violent). Pour se situer, le pays voisin de la Namibie, l’Afrique du Sud, possède un niveau de criminalité violente de 5. La Namibie se débrouille plutôt bien en comparaison à son voisin dans le domaine de la criminalité, puisqu’elle se classe parmi les pays africains les moins violents avec le Botswana, Maurice, le Cap-Vert et les Seychelles.

Malgré ce diagnostic encourageant sur la criminalité de la Namibie, la situation économique ne semble pas propice afin de faire avancer des mesures pour réduire la pauvreté, les inégalités, la criminalité et le taux de chômage. Plusieurs se demandent alors comment le gouvernement de Geingob prévoit s’attaquer à ces problèmes avant les élections en 2019. 

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