En Centrafrique, le président Faustin-Archange Touadéra a pris, mardi dernier, un décret convoquant le corps électoral en vue d’un référendum constitutionnel dans le pays. La date a été fixée au 30 juillet. Une partie de l’opinion publique y voit la volonté du chef de l’État de briguer un troisième mandat. C’est le cas du Conseil de résistance et de transition (CRT) ou encore du Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC), qui ont exprimé leur opposition à ce projet.
Le Conseil de Résistance et de Transition (CRT) et le Bloc Républicain pour la défense de la Constitution (BRDC) se sont une fois de plus opposés à la volonté du président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d’aller au referendum constitutionnel.
L’ambassadrice des États-Unis en Centrafrique a déclaré vendredi 9 juin via un post Facebook, qu’elle est favorable à la tenue d’un référendum constitutionnel transparent, libre et équitable qui reflèterait la volonté du peuple centrafricain. Le post rappelait également la visite officielle du 6 juin dernier entre Patricia A. Mahoney, ambassadrice des États-Unis en République centrafricaine et le président Faustin-Archange Touadéra.
Une information qui fait les choux gras du pouvoir en place mais qui est hautement incomprise par le CRT. En effet, de l’avis du Pr. Jean-François Akandji-Kombé, président du CRT, joint par téléphone par 54 ÉTATS : « On ne comprend pas ! Les États-Unis aiment à se voir et être vus comme la plus grande démocratie au monde et se proposent régulièrement d’exporter leur modèle politique. Cette grande démocratie que nous voyons à l’avant-garde d’une guerre mondiale, la guerre aux côtés de l’Ukraine, pour combattre au nom de la démocratie le groupe de mercenaires russe Wagner ; cette même milice Wagner qui opère en Centrafrique. Les États-Unis nous ont donné l’espoir, à nous tous Centrafricains dans la guerre que Touadéra a déclaré au peuple Centrafricain ! Et d’ajouter : « Comment les États-Unis peuvent aujourd’hui soutenir ce référendum constitutionnel qui vise à achever un processus inconstitutionnel ? »

Martin Ziguélé, porte-parole du BRDC et ancien Premier ministre explique que :
La Cour constitutionnelle a déjà pris une décision, irrévocable et opposable à toute juridiction. Les décisions de la Cour constitutionnelle ne sont susceptibles d’aucun recours, estime-t-il. Elles s’imposent aux pouvoirs publics, à toutes les autorités administratives et juridictionnelles et à toutes personnes physiques ou morales. Par conséquent, la Cour constitutionnelle ne peut pas autoriser aujourd’hui, ce qui a été jugé inconstitutionnel par elle-même.
Dans une déclaration faite vendredi dernier, Alexandre-Ferdinand Nguendet, membre du BRDC a demandé la démission du président Touadéra avant le 1er juillet. Dans le cas contraire, il menace de marcher sur Bangui. Le BRDC se dissocie de cette prise de position.
Le coordonnateur Crépin Mboli-Goumba explique :
Le combat politique mené par le BRDC ne peut pas être compatible avec la lutte armée. S’il y a des Centrafricains qui estiment qu’ils peuvent prendre des armes, nous, nous sommes des démocrates. Le président Alexandre Ferdinand Ngendé était président du RPR (un parti politique de l’opposition affilié au BRDC), maintenant, il a pris un congé au sein de son parti. Mais son parti demeure au sein du BRDC, ce qui veut dire qu’il n’est plus membre du BRDC. Il n’y a donc pas l’ombre d’un quelconque soupçon sur la lutte démocratique que nous sommes en train de mener.



