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mardi, août 11, 2026

Guerre Iran–États-Unis : dixième nuit de frappes, Téhéran évoque une « guerre totale » et le détroit d’Ormuz sous haute tension

Les États-Unis poursuivent leur campagne militaire contre l'Iran pour une dixième nuit consécutive. Téhéran étend ses représailles au Golfe, bloque le détroit d'Ormuz et affirme être engagé dans une « guerre totale », faisant craindre une escalade régionale aux conséquences économiques et sécuritaires mondiales.

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Priscilla Wolmer
Priscilla Wolmerhttp://www.54etats.com
FONDATRICE ET DIRECTRICE DU MÉDIA 54 ÉTATS

Les tensions militaires entre les États-Unis et l’Iran continuent de s’intensifier. Dans la nuit de lundi à mardi, l’armée américaine a mené une nouvelle vague de frappes contre plusieurs installations stratégiques iraniennes, marquant la dixième nuit consécutive d’opérations militaires. À Téhéran, les autorités parlent désormais ouvertement d’une « guerre totale », tandis que les représailles iraniennes s’étendent aux pays du Golfe et aux principales voies maritimes internationales.

Washington poursuit sa campagne militaire

Selon le Commandement américain pour le Moyen-Orient (CENTCOM), les frappes ordonnées par le président Donald Trump ont ciblé des centres de commandement, des systèmes de défense aérienne, des infrastructures de surveillance côtière, des capacités navales, des sites de lancement de missiles et de drones ainsi que des réseaux de communication militaires.

L’objectif affiché par Washington est de réduire les capacités iraniennes à menacer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite une part essentielle du commerce mondial d’hydrocarbures.

Le président américain a revendiqué personnellement cette nouvelle offensive, affirmant que les États-Unis avaient « frappé très durement » les positions iraniennes, en réponse aux pertes subies récemment par les forces américaines au Moyen-Orient.

Parallèlement, la ville portuaire de Bouchehr, qui accueille la seule centrale nucléaire civile en activité d’Iran, a de nouveau été touchée.

Téhéran affirme être engagé dans une « guerre totale »

Le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré que la République islamique était désormais engagée dans une « guerre totale » contre les États-Unis, appelant la population à se préparer aux conséquences du conflit.

Selon les autorités iraniennes, les combats ont déjà fait plusieurs dizaines de morts et des centaines de blessés depuis leur reprise au début du mois de juillet.

Côté américain, plusieurs militaires ont également perdu la vie lors d’attaques contre des installations américaines en Jordanie et en Irak, alimentant la volonté de Washington de poursuivre ses opérations militaires.

Les représailles iraniennes gagnent les pays du Golfe

L’Iran a considérablement élargi son champ d’action militaire en visant plusieurs États partenaires des États-Unis dans le Golfe.

Au Koweït, des drones auraient ciblé la base aérienne d’Ali Al-Salem, où est installé un important dispositif militaire américain.

À Bahreïn, siège de la Ve flotte américaine, plusieurs explosions ont été entendues à Manama tandis que des systèmes de navigation auraient été visés selon les autorités iraniennes.

En Jordanie, l’armée affirme avoir intercepté plusieurs missiles lancés en direction de son territoire après une attaque revendiquée contre des installations américaines situées près d’Aqaba.

L’Iran revendique également une frappe contre un centre de commandement américain situé à Al-Tanf, dans le sud-est de la Syrie.

Le détroit d’Ormuz au cœur de la crise mondiale

Le principal point de tension reste toutefois le détroit d’Ormuz.

L’Iran affirme avoir bloqué ce corridor maritime stratégique et revendique l’arraisonnement de plusieurs pétroliers.

Des incidents impliquant des navires marchands ont également été signalés au large d’Oman et des Émirats arabes unis.

Au Yémen, les rebelles houthis, soutenus par Téhéran, ont annoncé un blocus maritime contre l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole.

Cette nouvelle escalade provoque une forte inquiétude sur les marchés énergétiques. Le prix du Brent est reparti à la hausse, dépassant momentanément les 90 dollars le baril avant de clôturer autour de 89 dollars.

Les efforts diplomatiques restent au point mort

Malgré la poursuite des opérations militaires, les autorités iraniennes affirment maintenir des contacts diplomatiques via plusieurs pays médiateurs.

Cependant, le protocole d’accord conclu en juin entre Washington et Téhéran, destiné à ouvrir un processus de négociation, apparaît désormais caduc après la reprise des hostilités.

Les États-Unis poursuivent également leurs mesures de pression économique, notamment par le renforcement des restrictions visant les ports iraniens.

Le secrétaire d’État Marco Rubio appelle de son côté à protéger la liberté de navigation internationale tout en affirmant que la voie diplomatique reste ouverte.

En Europe, la France a dénoncé des pressions exercées contre deux diplomates français temporairement retenus à Téhéran avant d’être relâchés.

Une évolution prudente au Liban

Sur un autre front régional, l’armée libanaise a commencé son déploiement dans plusieurs villages du sud du pays dans le cadre d’un mécanisme soutenu par les États-Unis.

Cet accord prévoit un retrait progressif des forces israéliennes de certaines zones pilotes en échange d’un désarmement progressif du Hezbollah, qui continue toutefois de rejeter ce processus.

Washington salue cette évolution comme un premier pas vers une stabilisation durable de la frontière israélo-libanaise.

Washington renforce son autonomie industrielle dans la défense

Au-delà du conflit, Donald Trump a signé un décret visant à renforcer la souveraineté industrielle américaine dans le secteur de la défense.

Le texte impose progressivement aux industriels travaillant pour le Pentagone de privilégier les fournisseurs américains pour les composants stratégiques, les logiciels, les terres rares et les minéraux critiques indispensables à la fabrication d’armements, de semi-conducteurs et de batteries.

À partir du 1er janvier, les entreprises devront démontrer qu’aucune alternative nationale n’existe avant d’obtenir une autorisation d’importation.

Cette décision s’inscrit dans la stratégie américaine visant à réduire la dépendance envers les chaînes d’approvisionnement étrangères, notamment pour les ressources critiques aujourd’hui largement dominées par la Chine.

Une crise aux conséquences mondiales

L’intensification simultanée des opérations militaires, des représailles régionales et des tensions autour du détroit d’Ormuz fait craindre une extension durable du conflit à l’ensemble du Moyen-Orient.

Alors que les appels internationaux à la désescalade se multiplient, l’évolution de la situation reste susceptible d’avoir des répercussions majeures sur la sécurité régionale, les marchés énergétiques mondiaux et l’équilibre géopolitique international.

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