31.9 C
Paris
mardi, août 11, 2026

Sénégal : le retour de Macky Sall à Dakar relance le débat autour de sa candidature au secrétariat général de l’ONU

À lire ou à écouter

Aïssatou Faye-Johnson
Aïssatou Faye-Johnson
Correspondante au Sénégal

De retour au Sénégal pour la première fois depuis son départ du pouvoir en avril 2024, l’ancien président Macky Sall effectue ce vendredi 17 juillet une visite éclair à Dakar. Au programme figure un entretien très attendu avec le président Bassirou Diomaye Faye, dans l’objectif d’obtenir le soutien officiel du Sénégal à sa candidature au poste de secrétaire général des Nations unies. Si cette démarche s’inscrit dans une logique diplomatique, elle ravive également les fractures politiques du pays, entre partisans d’un pragmatisme d’État et défenseurs d’un devoir de justice envers les victimes de la répression des dernières années du régime Sall.

Un retour très attendu sur la scène politique sénégalaise

L’ancien président sénégalais Macky Sall effectue ce vendredi 17 juillet une visite de quelques heures à Dakar, la première depuis son départ de la présidence en avril 2024. Au cœur de ce déplacement figure une rencontre avec son successeur, Bassirou Diomaye Faye, dans le but d’obtenir le soutien officiel du Sénégal à sa candidature au poste de secrétaire général des Nations unies.

Au-delà de son caractère diplomatique, cette visite revêt une forte dimension politique. Elle intervient dans un contexte où le souvenir de la fin du second mandat de Macky Sall reste marqué par de vives tensions politiques, des manifestations meurtrières et une tentative controversée de report de l’élection présidentielle.

Une rencontre aux enjeux multiples

Pour plusieurs observateurs, cette rencontre pourrait servir les intérêts des deux dirigeants.

Pour Macky Sall, un appui officiel de son pays renforcerait considérablement la crédibilité de sa candidature à la tête de l’ONU, alors que plusieurs voix s’interrogeaient sur l’absence de soutien explicite du Sénégal.

Du côté du président Bassirou Diomaye Faye, cette ouverture pourrait traduire une volonté d’inscrire son action dans une logique de pragmatisme diplomatique et de rassemblement national, alors que son mandat entre dans une phase de recomposition politique.

Certains analystes estiment que le chef de l’État cherche également à élargir ses alliances en vue des prochaines échéances politiques et à consolider sa stature internationale.

Le débat entre pragmatisme politique et devoir de mémoire

La rencontre suscite toutefois une vive controverse.

Pour une partie des analystes, gouverner implique de dépasser les antagonismes politiques afin de défendre les intérêts stratégiques du Sénégal sur la scène internationale. Selon cette lecture, soutenir un ancien président pour une fonction mondiale prestigieuse relèverait davantage du pragmatisme d’État que d’un rapprochement politique.

À l’inverse, de nombreuses organisations de la société civile et des collectifs représentant les victimes des violences politiques dénoncent une initiative qu’ils jugent prématurée tant que les responsabilités liées aux événements survenus sous le précédent régime n’ont pas été pleinement établies.

L’APR appelle au rassemblement national

Le parti Alliance pour la République (APR), fondé par Macky Sall, appelle pour sa part à dépasser les clivages politiques afin de soutenir cette candidature.

Ses responsables estiment que l’accession d’un ancien chef d’État sénégalais au secrétariat général des Nations unies constituerait un succès diplomatique majeur pour le Sénégal et renforcerait le poids du continent africain dans la gouvernance mondiale.

Selon eux, cette candidature dépasse désormais le cadre partisan et représente une opportunité de rayonnement international pour le pays.

Les familles de victimes réclament vérité et justice

À l’opposé, les associations regroupant les proches des victimes des manifestations ayant marqué les dernières années du pouvoir de Macky Sall restent fermement opposées à cette démarche.

Elles rappellent que plusieurs dizaines de personnes ont perdu la vie lors des épisodes de répression politique et considèrent qu’un soutien officiel à la candidature de l’ancien président serait difficilement conciliable avec les engagements pris en faveur de la vérité et de la justice.

Pour ces organisations, les enquêtes sur ces événements doivent demeurer une priorité avant toute initiative susceptible de réhabiliter l’image de l’ancien chef de l’État sur la scène internationale.

Une décision à forte portée diplomatique

La rencontre entre Bassirou Diomaye Faye et Macky Sall dépasse ainsi le simple cadre d’une visite protocolaire. Elle pourrait influencer non seulement les ambitions internationales de l’ancien président, mais également l’image du Sénégal dans les prochains mois.

Le choix du chef de l’État sera observé avec attention, tant à Dakar qu’au sein des partenaires africains et internationaux, alors que la course au futur secrétaire général des Nations unies s’annonce particulièrement stratégique.

- Events -spot_img

Plus d'articles

- Evénements -spot_img

Dernières actualités