Le président du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), Domingos Simões Pereira, a été entendu mercredi 8 juillet par le Tribunal militaire supérieur de Bissau dans le cadre d’une enquête portant sur une présumée tentative de coup d’État survenue en octobre 2025. Cette nouvelle audition intervient alors que le ministère public demande son placement en détention provisoire.
Notifié dans la matinée par une ordonnance judiciaire, le principal opposant bissau-guinéen a comparu devant les magistrats militaires au cours de l’après-midi. Selon le document judiciaire, il est soupçonné d’avoir financé la préparation logistique de l’opération à hauteur de 300 millions de francs CFA (environ 450 000 euros) et d’avoir organisé, à son domicile, des réunions destinées à préparer le putsch.
À l’issue de plusieurs heures d’audition, Domingos Simões Pereira a toutefois été autorisé à regagner son domicile dans l’attente de la décision du juge d’instruction. Celui-ci a indiqué que sa décision sur une éventuelle détention provisoire serait rendue « dans les prochaines heures ou les prochains jours ».
La défense dénonce une procédure politique
Les avocats de l’ancien Premier ministre contestent fermement les accusations portées contre leur client. À la sortie de l’audience, ils ont dénoncé un « manque d’impartialité » de la justice militaire et estiment que cette affaire devrait relever de la justice civile.
Dans un communiqué, la défense affirme également que le premier juge chargé du dossier aurait subi des pressions l’ayant conduit à démissionner. Il aurait été remplacé par Mamadu Embaló, présenté par les avocats comme un proche parent de l’ancien président Umaro Sissoco Embaló, dont plusieurs alliés occupent encore des fonctions stratégiques dans l’appareil d’État.
Pour les conseils de Domingos Simões Pereira, cette procédure judiciaire poursuit avant tout un objectif politique : empêcher le dirigeant du PAIGC de briguer la présidence lors des prochaines élections.
Une affaire au cœur des tensions politiques
L’opposition continue de dénoncer une instrumentalisation de la justice et accuse les autorités issues du coup d’État d’avoir construit ce dossier afin d’écarter leur principal adversaire politique.
Les élections générales, fixées au 6 décembre, doivent théoriquement marquer le retour du pouvoir aux autorités civiles après la période de transition militaire. Dans ce contexte, les poursuites engagées contre le chef du PAIGC alimentent les inquiétudes sur les conditions dans lesquelles se déroulera le scrutin.
Pour rappel, Domingos Simões Pereira avait déjà été empêché de participer à l’élection présidentielle de novembre 2025 avant d’être arrêté au lendemain du coup d’État militaire. Ses partisans dénoncent depuis plusieurs mois une succession de procédures destinées à l’exclure durablement de la vie politique bissau-guinéenne.


