Après près de cinq années d’interruption, le projet Mozambique LNG de TotalEnergies, évalué à plus de 20 milliards de dollars, entre dans une nouvelle phase de relance. Une décision stratégique qui pourrait repositionner le Mozambique parmi les principaux exportateurs mondiaux de gaz naturel liquéfié (GNL) et renforcer le rôle de l’Afrique sur les marchés énergétiques internationaux.
Le secteur énergétique africain vient de recevoir un signal particulièrement attendu. Suspendu depuis 2021 à la suite de l’aggravation de la situation sécuritaire dans la province de Cabo Delgado, le projet Mozambique LNG de TotalEnergiesreprend progressivement son développement.
Avec un investissement estimé à plus de 20 milliards de dollars, ce projet figure parmi les plus importants développements gaziers du continent africain. Son redémarrage intervient dans un contexte mondial marqué par une forte demande en gaz naturel, notamment en Europe et en Asie, où les États cherchent à diversifier leurs approvisionnements énergétiques.
Un projet stratégique pour le Mozambique
Situé dans le bassin gazier offshore du Rovuma, au nord du Mozambique, le projet vise à exploiter d’importantes réserves de gaz naturel découvertes ces dernières années. Une fois pleinement opérationnel, Mozambique LNG devrait permettre au pays de rejoindre le cercle restreint des grands exportateurs mondiaux de gaz naturel liquéfié.
Pour les autorités mozambicaines, l’enjeu dépasse largement la seule production énergétique. Le projet représente une source potentielle majeure de recettes fiscales, d’investissements directs étrangers et de création d’emplois.
Selon les estimations du secteur, des milliers d’emplois directs et indirects pourraient être générés tout au long de la chaîne de valeur, de la construction des infrastructures jusqu’aux activités de maintenance et de services.
Cabo Delgado au cœur des attentes
La province de Cabo Delgado demeure toutefois le principal défi du projet.
Cette région, qui a connu plusieurs années d’insécurité liée à des groupes armés, attend désormais que l’exploitation des ressources naturelles se traduise par des bénéfices concrets pour les populations locales.
Pour de nombreux observateurs, la réussite du projet dépendra autant de sa rentabilité économique que de sa capacité à favoriser un développement inclusif.
Les attentes portent notamment sur :
- la création d’emplois locaux qualifiés ;
- le développement des PME mozambicaines ;
- l’amélioration des infrastructures routières, sanitaires et éducatives ;
- l’accès à l’électricité pour les communautés environnantes ;
- la formation professionnelle des jeunes de Cabo Delgado.
Un test pour la stratégie gazière africaine
La relance de Mozambique LNG intervient également à un moment où plusieurs pays africains défendent le gaz naturel comme énergie de transition.
Alors que le continent représente moins de 4 % des émissions mondiales de CO₂ mais dispose d’importantes réserves gazières, plusieurs gouvernements estiment que ces ressources doivent contribuer à financer l’industrialisation, l’électrification et la transformation économique de l’Afrique.
Le Mozambique pourrait ainsi devenir l’un des symboles de cette stratégie dite du « Gas for Development », à condition que les revenus générés soient réinvestis dans l’économie nationale et profitent durablement aux populations.
Une nouvelle étape pour le gaz africain
Le redémarrage du projet de TotalEnergies constitue une avancée majeure pour le secteur énergétique africain. Il témoigne également de la confiance renouvelée des investisseurs internationaux dans le potentiel gazier du continent.
Reste désormais à transformer cette opportunité historique en levier de développement durable. Pour le Mozambique, le véritable succès ne se mesurera pas uniquement en volumes de GNL exportés, mais dans sa capacité à convertir ses ressources naturelles en prospérité partagée pour les générations futures.


