Bamako, 15 juin 2026 – Les autorités maliennes ont lancé ce lundi une opération spéciale d’immatriculation des motos et tricycles sur l’ensemble du territoire national. Présentée comme une mesure répondant aux « impératifs sécuritaires actuels », cette initiative vise à mieux identifier les véhicules en circulation dans un contexte marqué par la menace persistante des groupes armés et terroristes.
Le ministère des Transports a mis en place 28 centres d’immatriculation répartis dans plusieurs régions du pays. Une absence est toutefois remarquée : aucun centre n’a été ouvert à Kidal, ville où l’administration malienne n’est plus présente et qui demeure sous le contrôle de groupes armés.
Cette opération intervient quelques jours après la décision des autorités de restreindre la circulation des motos dans certaines zones. Contrairement à cette mesure, dont l’application reste inégale selon les localités, l’immatriculation est perçue comme un dispositif plus concret pour renforcer le contrôle des déplacements et faciliter l’identification des engins utilisés lors d’attaques ou d’activités criminelles.
Un coût fixé à 12 000 FCFA
Les propriétaires de motos et de tricycles non immatriculés sont invités à se présenter dans les centres dédiés munis d’une pièce d’identité, des documents du véhicule et d’un paiement de 12 000 FCFA, à effectuer exclusivement via la plateforme électronique du Trésor public, « Tresor Pay ».
Un soutien prudent de la société civile
Le Forum des organisations de la société civile du district de Bamako a salué l’initiative, estimant que la lutte contre le terrorisme justifie des mesures de contrôle renforcées. Toutefois, l’organisation s’inquiète de l’impact financier de cette obligation sur les ménages, déjà confrontés à une dégradation du pouvoir d’achat.
Les représentants de la société civile ont plaidé pour une tarification plus adaptée aux réalités économiques du pays, proposant notamment un plafond de 7 500 FCFA pour les motos à usage personnel et 15 000 FCFA pour les motos de transport et les tricycles de type « katakatani ».
Un contexte économique difficile
Cette opération intervient alors que les Maliens font face à une hausse du coût de la vie, à des difficultés d’approvisionnement en carburant et à des coupures récurrentes d’électricité qui affectent les activités économiques. Les organisations citoyennes redoutent que cette nouvelle obligation administrative ne constitue une charge supplémentaire pour de nombreux ménages.
Elles ont également demandé que l’immatriculation soit appliquée sans distinction, y compris aux agents porteurs d’uniforme, afin de garantir l’équité et de renforcer la confiance entre les citoyens et les institutions.
À ce stade, les autorités de transition n’ont pas précisé la date de clôture de cette opération spéciale d’immatriculation, appelée à devenir un nouvel outil de contrôle et de sécurisation du territoire malien.


