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jeudi, juin 11, 2026

Sénégal : la démission surprise de Malick Ndiaye secoue le sommet de l’État

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Moins de 48 heures après l’éviction d’Ousmane Sonko de la primature, le président de l’Assemblée nationale quitte à son tour ses fonctions. Une décision qui ouvre une nouvelle séquence politique majeure au Sénégal et pourrait rebattre les cartes du pouvoir autour du camp Pastef.

Le Sénégal traverse une nouvelle zone de turbulence politique. Dimanche 24 mai 2026, en fin de journée, le président de l’Assemblée nationale, Malick Ndiaye, a annoncé sa démission dans un message publié sur les réseaux sociaux.

Une décision aussi soudaine que lourde de conséquences politiques, intervenant moins de deux jours après la rupture spectaculaire entre le président de la République Bassirou Diomaye Faye et son désormais ex-Premier ministre Ousmane Sonko.

Dans son communiqué, Malick Ndiaye évoque une décision prise « après une profonde réflexion », « mûrie dans le silence, la responsabilité et le sens de l’État ». Sans donner davantage d’explications, il affirme agir au nom de « l’intérêt supérieur de la Nation ».

Mais à Dakar, cette démission est immédiatement interprétée comme un nouveau signal de fracture au sommet du pouvoir sénégalais.

Depuis plusieurs semaines, les tensions entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko alimentaient les spéculations au sein du paysage politique sénégalais. La décision présidentielle du 22 mai de mettre fin aux fonctions du Premier ministre et de dissoudre l’ensemble du gouvernement avait déjà provoqué un véritable séisme politique.

La démission du président de l’Assemblée nationale apparaît désormais comme une réplique directe du camp Sonko.

Proche politique de l’ancien Premier ministre, Malick Ndiaye occupait une position stratégique au sein des institutions sénégalaises depuis la victoire du Pastef aux législatives de 2024. Son départ ouvre mécaniquement une nouvelle bataille institutionnelle autour du contrôle de l’hémicycle.

Car derrière cette séquence, une hypothèse circule déjà avec insistance dans les cercles politiques dakarois : celle d’une possible arrivée d’Ousmane Sonko à la tête de l’Assemblée nationale.

Le scénario reste toutefois conditionné à une étape préalable essentielle : l’ancien chef du gouvernement devra d’abord retrouver officiellement son siège de député obtenu lors des élections législatives de 2024.

Si cette option se confirmait, elle permettrait à Ousmane Sonko de conserver un centre de gravité politique majeur malgré son éviction de la primature, tout en maintenant une capacité d’influence directe sur l’appareil institutionnel sénégalais.

Cette nouvelle crise intervient dans un contexte particulièrement sensible pour le Sénégal. Après plusieurs années de tensions politiques, de crises institutionnelles et de fortes mobilisations populaires, le pays semblait engagé depuis l’élection de Bassirou Diomaye Faye dans une phase de stabilisation progressive.

Mais la rupture entre les deux figures centrales du projet Pastef révèle désormais l’existence de divergences profondes au sommet de l’État.

Au-delà des enjeux de personnes, cette séquence pourrait durablement fragiliser l’équilibre du pouvoir construit autour du duo Diomaye–Sonko depuis l’alternance historique de 2024.

Dans les prochains jours, l’élection du futur président de l’Assemblée nationale sera scrutée comme un indicateur clé du rapport de force réel au sein de la majorité sénégalaise.

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