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jeudi, juin 11, 2026

Niger : la junte durcit encore le contrôle de l’information et suspend neuf médias internationaux

RSF dénonce une « négation du droit à une information plurielle » dans un contexte de répression croissante au sein de l’Alliance des États du Sahel

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Le Niger franchit une nouvelle étape dans le durcissement de son paysage médiatique. Les autorités militaires ont ordonné la suspension immédiate de neuf médias internationaux, accentuant encore davantage la pression sur la liberté de la presse dans le pays.

La décision a été prise vendredi soir par l’Observatoire national de la communication (ONC), organe de régulation des médias placé sous l’autorité du régime militaire arrivé au pouvoir après le coup d’État de juillet 2023. Parmi les médias visés figurent plusieurs grands groupes internationaux déjà dans le viseur des autorités nigériennes depuis plusieurs mois, notamment France 24, Radio France Internationale, Agence France-Presse, TV5 Monde ainsi que Jeune Afrique.

Les autorités accusent ces médias de diffuser des contenus « susceptibles de troubler l’ordre public et la stabilité du pays », sans fournir davantage d’éléments ni de faits précis justifiant cette décision.

Cette nouvelle mesure intervient dans un climat déjà extrêmement tendu pour les journalistes et les médias indépendants au Niger. Depuis le renversement du président Mohamed Bazoum, le pouvoir militaire a progressivement renforcé son contrôle sur l’information, multipliant les restrictions, les suspensions de médias étrangers et les poursuites contre des journalistes locaux.

Pour Reporters sans frontières, cette décision constitue une escalade préoccupante. L’organisation dénonce une dérive autoritaire qui dépasse désormais le seul cadre nigérien et s’inscrit dans une dynamique régionale plus large au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Niger, le Mali et le Burkina Faso.

« Le Niger s’enfonce dans une forme de négation du droit à une information plurielle », estime RSF, qui réclame la levée immédiate des suspensions.

L’organisation souligne également la dégradation rapide de la situation des médias dans le pays. Selon plusieurs ONG locales et internationales, des journalistes continuent d’être arrêtés ou détenus sous des accusations liées à la sûreté de l’État ou à la cybercriminalité, dans un contexte où les lois sécuritaires sont de plus en plus utilisées contre les acteurs de la presse.

D’après des organisations de défense des droits humains, au moins six journalistes seraient actuellement détenus au Niger.

Au-delà du cas nigérien, cette séquence confirme l’installation progressive d’un nouveau rapport de force entre les régimes militaires sahéliens et les médias internationaux francophones. Dans plusieurs capitales de l’AES, les autorités dénoncent régulièrement une couverture jugée hostile ou favorable aux puissances occidentales, tandis que les organisations de défense de la presse alertent sur une fermeture accélérée de l’espace médiatique.

Cette rupture médiatique traduit aussi une transformation géopolitique plus profonde. Les juntes sahéliennes cherchent désormais à contrôler totalement le récit national, à limiter l’influence des médias étrangers et à promouvoir des canaux d’information plus alignés avec leurs orientations souverainistes.

Mais pour de nombreux observateurs, cette stratégie pourrait accentuer l’isolement informationnel de la région et fragiliser davantage l’accès des populations à une information indépendante et pluraliste.

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