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mardi, mai 19, 2026

RDC : Aimé Sakombi Molendo veut transformer le potentiel énergétique en accès réel à l’électricité

Avec 167 000 MW de potentiel hydroélectrique, la République démocratique du Congo ambitionne de tripler l’accès à l’électricité d’ici 10 ans. Entre projets structurants, réformes et partenariats régionaux, le ministre de l’Électricité trace une feuille de route ambitieuse.

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Aïssatou Faye-Johnson
Aïssatou Faye-Johnson
Correspondante au Sénégal

Riche en ressources, mais encore largement sous-équipée, la République démocratique du Congo se trouve à un tournant énergétique. Dans un entretien accordé à 54 ÉTATS, le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Sakombi Molendo, détaille la stratégie du gouvernement pour accélérer l’accès à l’électricité et structurer un secteur clé pour le développement économique du pays.

Un potentiel immense, mais encore sous-exploité

Avec un potentiel estimé à 167 000 MW, la RDC figure parmi les pays les mieux dotés au monde en ressources hydroélectriques. « C’est à la fois un privilège et une responsabilité », souligne le ministre. Pourtant, le contraste reste saisissant : seul un Congolais sur cinq a aujourd’hui accès à l’électricité. En cause, selon lui, un manque d’investissements sur la dernière décennie et une absence de priorisation du secteur énergétique dans les politiques publiques passées.

Un rattrapage en cours

Depuis cinq ans, les autorités affirment avoir engagé un changement de cap. Le taux d’accès à l’électricité serait ainsi passé de 8 % à 22 %, selon le ministre. Objectif désormais : tripler la desserte, notamment dans les zones urbaines et périurbaines.

Inga, pilier de la stratégie énergétique

Au cœur de cette ambition, le projet Grand Inga, considéré comme l’un des plus grands projets hydroélectriques au monde. Les études d’Inga III, d’une capacité estimée à 11 000 MW, sont en cours de finalisation en vue d’une structuration financière. D’autres projets hydroélectriques sont également à l’étude pour répondre à la demande nationale, en particulier celle des ménages et de l’industrie, notamment minière.

Réformes et attractivité : le pari du climat des affaires

Pour accélérer cette dynamique, le gouvernement mise sur une transformation du cadre réglementaire. Le secteur de l’électricité est désormais libéralisé, avec une nouvelle gouvernance au sein de l’autorité de régulation, des réformes fiscales et douanières et une volonté affichée d’attirer les investisseurs. En parallèle, une stratégie de déploiement de mini-réseaux est engagée pour répondre aux contraintes d’un territoire vaste de 2,34 millions de km².

Financement : un enjeu central

Le financement reste le principal défi. Dans ce contexte, la RDC s’appuie sur des partenariats régionaux, notamment avec Afrique du Sud. Des contrats d’achat d’électricité sont en discussion avec Pretoria et plusieurs pays de la SADC afin de renforcer la bancabilité des projets, en particulier Inga.

La stratégie “Mines – Énergie”

Autre levier clé : la synergie entre ressources minières et énergie. « Notre pays est profondément minier, mais le déficit énergétique est criant », reconnaît le ministre. L’objectif est de croiser le potentiel minier et énergétique pour attirer les capitaux et soutenir le développement industriel.

Des impacts attendus pour les populations

À court et moyen terme, les autorités promettent des effets concrets. « D’ici 5 à 10 ans, nous pourrons tripler l’accès à l’électricité dans les zones urbaines et périurbaines », affirme Aimé Sakombi Molendo.

Transformer le potentiel en réalité

En conclusion, le ministre insiste sur un changement de paradigme : « Nous ne voulons plus que notre potentiel soit un slogan. Nous voulons qu’il devienne une réalité, avec un accès effectif à l’électricité pour les populations. »

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