Nicolas Sarkozy a frontalement contesté, ce mercredi 29 avril, les déclarations de Claude Guéant devant la cour d’appel de Paris, dans le dossier du financement libyen présumé de sa campagne présidentielle de 2007.
L’ancien chef de l’État affirme que Mouammar Kadhafi ne lui a pas parlé, lors du dîner officiel de Tripoli en juillet 2007, du sort judiciaire d’Abdallah Senoussi, beau-frère du dirigeant libyen et ancien chef du renseignement militaire. Selon Nicolas Sarkozy, la seule fois où Kadhafi aurait évoqué ce sujet remonterait à 2005, lorsqu’il était ministre de l’Intérieur.
Ce point est crucial pour l’accusation. Les magistrats cherchent à déterminer si un éventuel « pacte de corruption » aurait été conclu entre l’entourage de Nicolas Sarkozy et les autorités libyennes, en échange de contreparties politiques ou judiciaires. Parmi elles : l’examen du dossier Senoussi, condamné en France à la réclusion criminelle à perpétuité pour son rôle dans l’attentat contre le DC-10 d’UTA en 1989, qui avait fait 170 morts.
Claude Guéant, ancien bras droit de Nicolas Sarkozy, affirme au contraire que l’échange aurait bien eu lieu en 2007 et que l’ancien président lui aurait demandé de « voir cela ». Une version désormais fermement rejetée par Nicolas Sarkozy, qui continue de nier tout financement libyen de sa campagne.
L’audience met ainsi en lumière une rupture spectaculaire entre l’ancien président et l’un de ses plus proches collaborateurs historiques. Au-delà du duel de mémoires, c’est l’un des ressorts centraux de l’accusation qui se joue : prouver ou non l’existence d’un lien entre argent libyen, campagne électorale française et contreparties diplomatiques ou judiciaires.


