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mardi, mai 19, 2026

Cameroun : 14 morts dans le Nord-Ouest, la société civile exige un dialogue immédiat

Silence des autorités, versions contradictoires et regain de tensions dans une région déjà fragilisée par huit années de conflit

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Isaga Anne
Isaga Anne
Journaliste Reporter d'Images

Au moins 14 personnes ont été tuées dans le village de Ndzerem-Nyam, dans le Nord-Ouest du Cameroun, lors d’une attaque survenue en pleine manifestation culturelle. En l’absence de communication officielle, les récits divergent et la société civile hausse le ton, réclamant un dialogue inclusif pour sortir d’une crise devenue chronique.

Le flou domine après une nouvelle tragédie dans la région anglophone du Nord-Ouest du Cameroun. Selon plusieurs sources concordantes, au moins 14 personnes ont été tuées ce week-end dans le village de Ndzerem-Nyam, situé dans l’arrondissement de Jakiri, département de Bui.

L’attaque, survenue en pleine activité culturelle locale, a également entraîné l’incendie de plusieurs motos et bâtiments, aggravant un climat déjà marqué par l’insécurité.

Mais à ce stade, aucun communiqué officiel n’a été publié par les autorités camerounaises, ni au niveau local ni national. Ce silence alimente les interrogations et laisse place à des versions contradictoires des faits.

Certains témoignages évoquent un affrontement intercommunautaire, tandis que d’autres pointent une opération militaire menée par les forces gouvernementales dans le cadre de la lutte contre les groupes séparatistes anglophones. Une incertitude majeure subsiste donc : les victimes étaient-elles des civils ou des combattants ? Et qui est responsable des tirs meurtriers ?

Ce nouvel épisode de violence intervient dans un contexte particulièrement sensible. Moins de dix jours auparavant, le pape Léon XIV s’était rendu à Bamenda, capitale régionale, appelant à la paix dans une zone meurtrie par plus de huit années de conflit.

Dans la foulée, douze organisations de la société civile camerounaise ont renouvelé leur appel à l’ouverture d’un dialogue inclusif et immédiat. Elles dénoncent une violence désormais « banalisée » et une impunité persistante, symptôme d’un blocage politique profond.

Depuis 2017, la crise anglophone oppose groupes séparatistes et forces de sécurité, avec un bilan humain lourd : plusieurs milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés. Malgré diverses tentatives de médiation, aucune solution durable n’a émergé.

Cette nouvelle attaque illustre une réalité persistante : sans clarification des responsabilités ni volonté politique forte, la spirale de violence risque de s’intensifier.

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