Au Mali, la situation reste extrêmement volatile. Dans la nuit du lundi 27 au mardi 28 avril, de fortes détonations ont été entendues à Bamako, notamment dans la zone aéroportuaire. À ce stade, aucune version officielle claire ne permet de déterminer s’il s’agissait de tirs de sommation, d’une nouvelle attaque ou d’une opération sécuritaire préventive.
Ces événements interviennent trois jours après une offensive coordonnée attribuée au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaïda, et au Front de libération de l’Azawad. Les attaques ont visé plusieurs points sensibles du pays, dont Bamako, Kati, Gao, Mopti, Sévaré et Kidal, révélant une capacité de coordination inédite entre groupes jihadistes et rebelles du Nord.
À Kati, ville-garnison située à une quinzaine de kilomètres de Bamako, le calme semble être revenu, mais la tension reste forte. Le chef de la junte, le général Assimi Goïta, n’a pas été vu publiquement depuis le début des attaques. Son entourage affirme qu’il se trouve à Bamako, sans apparition officielle permettant de lever les incertitudes.
La junte fait face à un choc politique majeur. Le général Sadio Camara, ministre de la Défense et figure centrale de l’appareil militaire malien, aurait été tué lors de l’offensive. Le général Modibo Koné, patron de l’Agence malienne de sécurité d’État, aurait, lui, été grièvement blessé. Ces pertes touchent le cœur du dispositif sécuritaire du régime.
Dans le nord, la situation est encore plus préoccupante. Kidal reste aux mains du JNIM et du FLA. Le retrait des éléments russes de l’Africa Corps, engagés aux côtés de l’armée malienne, alimente de fortes interrogations sur la solidité du partenariat sécuritaire entre Bamako et Moscou. La Russie a reconnu des pertes et appelé à un retour rapide à la stabilité.
À Gao, des mouvements de repli de militaires maliens ont également été signalés, notamment autour de Labbezanga vers Ansongo. Ces retraits renforcent l’impression d’un pouvoir sous pression, contraint de réorganiser ses positions face à une offensive étendue sur plusieurs fronts.
Sur le plan diplomatique, Alger a réaffirmé son attachement à l’unité territoriale du Mali, tandis que la France s’est dite préoccupée par les derniers développements et a condamné les violences contre les civils. Mais sur le terrain, la priorité reste militaire : éviter une extension de l’instabilité vers Bamako et empêcher que Kidal ne redevienne durablement un centre de gravité pour les groupes armés.


