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mardi, mai 19, 2026

États-Unis : le Pentagone écarte brutalement le secrétaire à la Marine John Phelan

Son départ immédiat, annoncé sans justification officielle, s’inscrit dans une série d’évictions au sommet de l’appareil militaire américain depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.

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Aïssatou Faye-Johnson
Aïssatou Faye-Johnson
Correspondante au Sénégal

Nouveau séisme au sommet du Pentagone. Le secrétaire américain à la Marine, John Phelan, a quitté ses fonctions « avec effet immédiat », selon une annonce faite mercredi 22 avril par le porte-parole du département de la Défense, Sean Parnell. Aucune explication officielle n’a été fournie. Son adjoint, Hung Cao, assure désormais l’intérim.

Cette éviction soudaine intervient dans un contexte de forte tension stratégique pour Washington, alors que la Marine américaine joue un rôle central dans la confrontation avec l’Iran et dans le dispositif naval déployé au Moyen-Orient. Selon Reuters et le Washington Post, John Phelan aurait été fragilisé par ses relations difficiles avec le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et d’autres responsables du Pentagone, ainsi que par des critiques sur sa gestion du dossier prioritaire de la construction navale américaine.

Son départ prolonge surtout une dynamique plus large de reprise en main politique du Pentagone depuis le retour de Donald Trump au pouvoir en janvier 2025. En février 2025, le président américain a limogé le chef d’état-major interarmées, le général Charles Q. Brown, remplacé ensuite par Dan Caine. Cette décision avait déjà marqué une rupture majeure dans la tradition de stabilité au sein du commandement militaire américain.

Depuis, plusieurs autres figures de premier plan ont été poussées vers la sortie. Début avril 2026, le chef d’état-major de l’armée de terre, le général Randy George, a lui aussi été évincé sans justification publique détaillée. La succession de ces départs alimente les critiques sur une instabilité croissante au sein de l’appareil de défense américain, en pleine période de crise régionale au Moyen-Orient.

Au-delà du cas Phelan, c’est donc bien la recomposition du sommet militaire et civil du Pentagone qui se confirme. Derrière les annonces laconiques, l’administration Trump imprime sa marque : centralisation du pouvoir, durcissement politique et renouvellement accéléré des têtes, au risque d’alimenter le procès en purge idéologique au sein des forces armées américaines. Cette nouvelle secousse montre que, à Washington, la bataille stratégique se joue aussi désormais à l’intérieur même de l’institution militaire.

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