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mardi, août 11, 2026

OIF : Juliana Lumumba accélère sa campagne diplomatique face à Louise Mushikiwabo

Portée par Kinshasa, la candidate congolaise multiplie les déplacements en Afrique avant une séquence décisive en Europe et au Canada, dans une bataille qui s’annonce politique jusqu’au sommet de la Francophonie de 2026 au Cambodge.

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Isaga Anne
Isaga Anne
Journaliste Reporter d'Images

La course à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie entre dans une phase active. Soutenue officiellement par la RDC, Juliana Amato Lumumba intensifie sa campagne de terrain pour rallier le plus grand nombre d’États et de gouvernements membres, alors que la secrétaire générale sortante, Louise Mushikiwabo, a déjà été désignée par Kigali pour briguer un troisième mandat. L’enjeu dépasse largement une simple alternance : il s’agit aussi d’un affrontement d’influence au sein de l’espace francophone.

Kinshasa a clairement enclenché la machine diplomatique. La candidature de Juliana Amato Lumumba a été officiellement lancée par les autorités congolaises fin février, puis consolidée à la mi-mars lors d’un entretien avec le président Félix Tshisekedi autour d’une feuille de route internationale ciblant les 90 États et gouvernements de l’OIF.

Dans cette offensive, la candidate congolaise mise sur un double levier : le poids symbolique de son nom et la nécessité, pour la RDC, de reprendre l’initiative dans une organisation où les équilibres politiques comptent autant que les affinités linguistiques. Fille de Patrice Lumumba, ancienne ministre et figure connue de la vie publique congolaise, Juliana Lumumba tente d’incarner une Francophonie plus politique, plus souveraine et davantage tournée vers la jeunesse.

Mais le temps presse. En face, Louise Mushikiwabo dispose d’un avantage évident : celui de l’expérience du poste, des réseaux déjà installés et du soutien officiel du Rwanda pour un troisième mandat. Kigali a annoncé dès janvier 2026 sa volonté de reconduire l’ancienne ministre rwandaise des Affaires étrangères à la tête de l’institution.

La stratégie congolaise consiste donc à rattraper le retard par une campagne de proximité. Après une séquence africaine déjà engagée, Juliana Lumumba doit poursuivre son tour de table diplomatique en Europe et au Canada. L’objectif est clair : transformer les signaux favorables en engagements politiques fermes avant le vote final des chefs d’État et de gouvernement.

Cette bataille se joue aussi sur la cartographie interne de l’OIF. L’organisation compte aujourd’hui 90 États et gouvernements, répartis entre 53 membres, 5 membres associés et 32 observateurs. Dans un tel ensemble, une candidature ne se gagne pas seulement sur l’image ou le prestige personnel, mais sur la capacité à agréger des blocs de soutien, y compris dans des pays où les équilibres diplomatiques sont mouvants.

Un autre rendez-vous pourrait peser dans la campagne : le sommet Africa Forward coorganisé par la France et le Kenya à Nairobi les 11 et 12 mai 2026. Sans être un cadre formel de l’OIF, cette rencontre offrira aux dirigeants africains un espace de contacts bilatéraux à haute valeur politique, utile pour toutes les candidatures en quête d’alliances.

Le choix du prochain secrétaire général doit intervenir lors du XXe Sommet de la Francophonie prévu au Cambodge en 2026. Sur la localisation précise, les communications ont varié ces derniers mois entre Siem Reap et Phnom Penh selon les sources institutionnelles cambodgiennes et francophones. Ce qui ne change pas, en revanche, c’est la réalité politique du scrutin : la RDC veut faire de cette campagne une démonstration de retour diplomatique, tandis que le Rwanda défend la continuité autour de Louise Mushikiwabo.

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