Des militaires maliens ont pénétré mercredi 25 mars au matin dans plusieurs villages situés en Mauritanie, dans la commune de Gogui, dans la région du Hodh El Gharbi, près de la frontière entre les deux pays.
Selon des informations rapportées par plusieurs médias mauritaniens et confirmées par des sources sécuritaires locales, une patrouille de l’armée malienne composée de quatre véhicules armés est entrée dans cette zone frontalière où la démarcation entre les deux États demeure imprécise.
D’après des témoignages recueillis sur place, les soldats maliens auraient fait irruption dans plusieurs villages de la commune et demandé que le drapeau mauritanien hissé sur l’école de l’un d’eux soit retiré. Les habitants auraient refusé, après quoi les militaires ont quitté les lieux sans qu’aucune violence ne soit signalée.
Des sources sécuritaires indiquent que la patrouille a relevé plusieurs coordonnées GPS avant de se retirer.
Du côté malien, des sources proches des forces de sécurité reconnaissent également l’incident. Selon elles, les soldats auraient cru se trouver en territoire malien dans cette zone frontalière où les limites territoriales restent mal définies. La patrouille aurait ensuite été rappelée par sa hiérarchie.
À ce stade, aucune communication officielle n’a été faite par les autorités des deux pays. Les ministères concernés à Nouakchott comme à Bamako ne se sont pas exprimés publiquement sur cet épisode.
Dans cette zone sahélienne, la frontière entre la Mauritanie et le Mali reste mal matérialisée, ce qui alimente régulièrement les tensions locales.
Dans cette région sahélienne, la frontière entre la Mauritanie et le Mali demeure difficile à matérialiser. Les deux États ont déjà engagé par le passé des discussions afin d’en clarifier le tracé.
L’incident intervient dans un climat de tension perceptible entre les deux voisins. Le 20 mars, deux bergers mauritaniens ont été tués au Mali près de la frontière, un événement qui a suscité une vive émotion en Mauritanie. Dans les jours qui ont suivi, une rumeur concernant une supposée évasion d’otages maliens détenus en Mauritanie a également contribué à alimenter les crispations.
Dans ce contexte, plusieurs observateurs mauritaniens interprètent cette incursion comme une nouvelle provocation, même si aucun affrontement n’a été signalé.
Les autorités mauritaniennes semblent toutefois privilégier l’apaisement. Le 23 mars, le ministère mauritanien de l’Intérieur a appelé les populations frontalières à ne pas franchir la frontière et à éviter les zones jugées non sécurisées.
Malgré les tensions récentes, Nouakchott et Bamako ont récemment affirmé leur volonté de renforcer leur coopération sécuritaire afin de stabiliser cette zone sensible du Sahel.


