7.1 C
Paris
lundi, avril 13, 2026

Congo-Brazzaville : un scrutin présidentiel sous coupure d’internet et du réseau téléphonique

Alors que le président sortant Denis Sassou-Nguesso brigue un nouveau mandat, la journée électorale du 15 mars a été marquée par une interruption totale des communications et une participation limitée dans plusieurs bureaux de vote de la capitale.

À lire ou à écouter

Au Congo-Brazzaville, l’élection présidentielle du dimanche 15 mars s’est déroulée dans un climat particulier, marqué notamment par la coupure du réseau téléphonique et d’internet durant toute la journée du scrutin.

Le président sortant, Denis Sassou-Nguesso, 82 ans, est candidat à un nouveau mandat face à six autres prétendants. L’élection s’est toutefois tenue sans les principaux poids lourds de l’opposition, les deux grandes formations opposées au pouvoir ayant choisi de ne pas présenter de candidat.

À Brazzaville, les bureaux de vote ont officiellement fermé à 18 heures. Dans plusieurs centres observés dans la capitale, la participation est restée limitée. Les électeurs se sont présentés par petites vagues tout au long de la journée, loin des longues files d’attente généralement observées lors des scrutins à forte mobilisation.

Dans certains bureaux, les opérations de vote ont débuté avec retard, le matériel électoral n’étant pas entièrement déployé à l’heure prévue de l’ouverture.

Dans le quartier des Quinze, considéré comme favorable au pouvoir, le dépouillement s’est achevé en fin de journée dans un climat particulièrement calme. Les résultats ont été inscrits à la craie sur les tableaux noirs des bureaux de vote. Aucun citoyen n’était présent pour observer ou photographier les procès-verbaux, notamment en raison de l’absence totale de connexion internet.

La coupure des communications est restée l’un des faits marquants de cette journée électorale. Ni les candidats ni les observateurs n’avaient encore réagi officiellement à cette mesure au moment de la fermeture des bureaux.

Dans la capitale, la journée s’est déroulée dans une atmosphère inhabituelle : circulation très réduite, activités commerciales suspendues et absence de rassemblements religieux, conformément aux restrictions liées au vote.

Les positions politiques face au scrutin étaient contrastées. La majorité présidentielle a multiplié les appels à la participation afin de limiter l’abstention. À l’inverse, une partie de l’opposition a dénoncé un « simulacre d’élection » et appelé au boycott. L’opposition parlementaire, pour sa part, n’a donné aucune consigne de vote, invitant les citoyens à se prononcer « en leur âme et conscience ».

Certains électeurs ont néanmoins choisi de se rendre aux urnes. « Je viens de remplir mon devoir civique. Chacun doit exercer son droit et choisir le candidat qu’il estime capable de diriger le pays », explique Sébastien, rencontré après avoir voté dans un bureau du sixième arrondissement de Brazzaville.

D’autres ont préféré s’abstenir. Vivienne, 33 ans, diplômée mais sans emploi, affirme avoir boycotté le scrutin. « Je cherche un président qui pourra améliorer la situation du pays. Mais je ne vote pas aujourd’hui », confie-t-elle.

La coupure des communications a également suscité des critiques. Georges, un habitant de la capitale, s’interroge sur les motivations d’une telle mesure : « Couper la connexion un jour d’élection pose question. Cela empêche les gens de partager ce qui se passe réellement », estime-t-il.

En l’absence de réseau téléphonique et d’internet, il est pour l’instant difficile d’évaluer précisément le déroulement du vote dans l’ensemble du pays. Les organisations indépendantes de la société civile, qui prévoyaient de communiquer leurs observations après la fermeture des bureaux, n’étaient pas joignables.

Aucune date n’a encore été annoncée pour la proclamation officielle des résultats de ce scrutin présidentiel.

- Events -spot_img

Plus d'articles

- Evénements -spot_img

Dernières actualités