Au Sénégal, les députés ont adopté mercredi 11 mars une réforme du code pénal qui durcit significativement les peines visant les relations sexuelles entre personnes de même sexe. Le texte prévoit désormais de doubler les peines de prisonencourues et d’alourdir les sanctions financières.
La réforme modifie la législation existante sur les « actes contre nature », déjà pénalisés dans le pays. Désormais, toute personne reconnue coupable de relations sexuelles entre personnes de même sexe pourra être condamnée à cinq à dix ans d’emprisonnement, contre un à cinq ans auparavant. Les amendes encourues sont également revues à la hausse et pourront atteindre 10 millions de francs CFA, contre 1,5 million de francs CFA jusque-là.
Le nouveau texte précise explicitement que la notion d’« acte contre nature » inclut les relations sexuelles entre personnes de même sexe. Les députés ont également introduit deux nouvelles infractions : l’apologie de l’homosexualité et le financement ou la promotion de pratiques homosexuelles, passibles de trois à sept ans de prison.
Le vote s’est déroulé dans un hémicycle particulièrement mobilisé. Lors des débats parlementaires, aucune prise de parole n’a plaidé pour une dépénalisation de l’homosexualité ou pour un assouplissement des peines. Pour plusieurs députés de la majorité, cette réforme répond à une promesse politique et à une demande exprimée par une partie de l’opinion publique.
À l’inverse, certains responsables politiques estiment que ce débat détourne l’attention des difficultés économiques et sociales auxquelles le pays est confronté. Selon eux, la priorité devrait être donnée aux enjeux liés au coût de la vie, à l’emploi ou encore aux finances publiques.
Le texte a été adopté par une Assemblée nationale dominée par le parti au pouvoir, qui dispose d’une majorité confortable au Parlement. La loi doit désormais être promulguée par le président Bassirou Diomaye Faye avant son entrée en vigueur.
Plusieurs organisations de défense des droits humains ont déjà exprimé leur inquiétude. Elles redoutent que ce durcissement de la législation contribue à renforcer les discriminations et les violences visant les personnes accusées ou soupçonnées d’homosexualité, dans un contexte où des campagnes de dénonciation et des arrestations ont récemment été signalées dans le pays.


