Dans le centre du Mali, une attaque revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) a visé, le 9 mars, un convoi de l’armée malienne accompagné d’éléments russes de l’Africa Corps dans la région de Ségou. Selon plusieurs sources sécuritaires locales, l’embuscade aurait fait une dizaine de morts parmi les militaires engagés dans l’opération.
L’attaque s’est produite dans la zone de Louguel, au sud-ouest de la ville de Nampala, une localité stratégique située près de la frontière mauritanienne. Le Jnim a diffusé un message affirmant avoir ciblé une patrouille conjointe sans préciser de bilan officiel. Des sources sécuritaires évoquent toutefois au moins onze soldats tués, parmi lesquels plusieurs combattants russes déployés aux côtés des forces maliennes.
Les autorités maliennes n’ont pas communiqué publiquement sur cet incident au moment de la publication.
Une zone sous forte pression sécuritaire
Le cercle de Nampala est devenu ces dernières années l’un des points chauds de l’insécurité dans le centre du Mali. La région se situe dans une zone de circulation stratégique pour les groupes armés jihadistes opérant entre le Mali et la Mauritanie.
Les attaques contre les patrouilles militaires y sont fréquentes, notamment contre les convois circulant entre les bases avancées de l’armée. Les groupes affiliés au Jnim, en particulier la Katiba Macina, y disposent d’une implantation ancienne et d’une capacité de mobilité importante dans les zones rurales.
Un climat de représailles et de méfiance
Cette embuscade intervient dans un contexte de tensions croissantes dans la région. Ces derniers jours, plusieurs incidents impliquant des opérations militaires ont été signalés dans le cercle de Nampala, alimentant un climat de méfiance entre les forces déployées et certaines communautés locales.
Dans cette partie du centre du Mali, les populations civiles se retrouvent régulièrement prises dans un cycle de violences opposant groupes jihadistes et forces de sécurité. Les groupes armés imposent leur présence dans certains villages, tandis que les opérations militaires visant à les déloger entraînent régulièrement des accusations d’exactions.
Un conflit qui s’enlise
Malgré la montée en puissance des forces maliennes et l’appui de partenaires sécuritaires étrangers, la situation reste instable dans plusieurs régions du centre du pays. Les embuscades contre les patrouilles militaires témoignent de la capacité des groupes jihadistes à maintenir une pression constante sur les forces de sécurité.
Dans ces zones rurales éloignées des grands centres urbains, la lutte contre les groupes armés reste particulièrement complexe, tant en raison de la géographie que de la fragilité du tissu social.


