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lundi, avril 13, 2026

Ghana : Accra veut industrialiser son agriculture avec l’appui de la Chine

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Le Ghana cherche à transformer sa relation économique avec la Chine en levier d’industrialisation agricole. L’objectif est clair : réduire une facture annuelle d’environ 200 millions de dollars d’importations d’huile de palme et faire de l’agriculture un moteur central du redressement économique du pays.

À Accra, lors d’un gala organisé à l’occasion du Nouvel An chinois, les autorités ghanéennes ont envoyé un signal sans ambiguïté aux investisseurs : le temps des importations massives doit laisser place à une production locale structurée, portée par des partenariats industriels. Le gouvernement souhaite désormais développer des coentreprises avec des acteurs chinois pour renforcer les capacités agricoles et agro-industrielles nationales.

Au cœur de cette stratégie figure le programme intégré de développement du palmier à huile (2026-2032). Présenté par le ministère de l’Agriculture, ce plan prévoit la mise en culture de 100 000 hectares de nouvelles plantations, la création de 250 000 emplois et une réduction significative des importations d’huile de palme, qui pèsent fortement sur les réserves en devises du pays.

Cette initiative s’inscrit dans une réforme agricole plus large destinée à accroître la productivité et la sécurité alimentaire. Les autorités ghanéennes ont annoncé la distribution de milliers de tonnes de semences de riz, de maïs et de soja, ainsi que 272 000 tonnes d’engrais pour soutenir les agriculteurs. En parallèle, l’expansion des systèmes d’irrigation et la construction de barrages dans le nord du pays doivent réduire la dépendance aux précipitations et stabiliser les rendements.

Dans ce cadre, la Chine est appelée à jouer un rôle central. Pékin pourrait apporter son expertise dans plusieurs domaines clés : irrigation, mécanisation agricole et transformation agro-industrielle. Pour convaincre les investisseurs chinois, Accra met en avant un argument stratégique : l’accès au vaste marché de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), qui représente plus de 400 millions de consommateurs.

Le Ghana ambitionne ainsi de devenir un hub régional agricole et industriel en Afrique de l’Ouest. Mais le défi reste de taille : transformer l’intérêt affiché par les entreprises chinoises en investissements durables capables de restructurer en profondeur la chaîne de valeur agricole du pays.

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