Au Congo-Brazzaville, la Direction générale des affaires électorales (DGAE) a officiellement clôturé l’enregistrement des candidatures pour l’élection présidentielle prévue le 15 mars 2026. Sept dossiers ont été déposés, dont celui du président sortant Denis Sassou-Nguesso, 82 ans, au pouvoir depuis plus de quarante ans, par intermittence depuis 1979 et sans interruption depuis 1997.
Élu en 2002, réélu en 2009, 2016 et 2021, Denis Sassou-Nguesso se présente à nouveau. La révision constitutionnelle de 2015, qui a supprimé la limite d’âge fixée à 70 ans et modifié les règles relatives au nombre de mandats, lui permet de briguer un nouveau quinquennat.
Face au chef de l’État, six autres candidats ont déposé leur dossier. Parmi eux figure Destin Gavet, du Mouvement des républicains (MR), âgé de 35 ans, plus jeune prétendant à la magistrature suprême et candidat pour la première fois. Ont également déposé leur candidature Vivien Manangou, enseignant en droit à l’université publique, Zinga Mabio Mavoungou, ancien député, Dave Mafoula, déjà candidat en 2021, Joseph Kignoumbi Kia Mboungou, opposant récurrent à Denis Sassou-Nguesso depuis 2002, ainsi qu’Anguios Nganguia Engambé, candidat pour la quatrième fois consécutive.
Les candidatures doivent désormais être examinées et validées par la Cour constitutionnelle avant l’ouverture officielle de la campagne électorale, prévue le 28 février.
À noter que les deux principaux partis d’opposition, l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) et l’Union des démocrates humanistes (UDH-Yuki), n’ont pas présenté de candidat. Le général Jean-Marie Michel Mokoko demeure incarcéré depuis près de dix ans. Frédéric Bintsamou, alias Pasteur Ntumi, a renoncé à se présenter, son parti invoquant les risques pour la cohésion sociale après les violences survenues en janvier dans le département du Pool. Quant à Pascal Tsaty Mabiala et à l’UPADS, ils ont justifié leur non-participation par l’absence, selon eux, de garanties suffisantes pour une élection libre et transparente.
Dans ce contexte, plusieurs acteurs de la société civile estiment que la compétition électorale apparaît déséquilibrée. Entre longévité du pouvoir en place, fragmentation de l’opposition et absence de certaines figures majeures, le scrutin du 15 mars s’annonce, pour beaucoup, joué d’avance.

