Une réunion diplomatique consacrée au Sahara occidental s’est tenue les 8 et 9 février à Madrid, à l’initiative des États-Unis. Organisés dans les locaux de l’ambassade américaine en Espagne, les échanges ont réuni l’ensemble des parties prenantes du dossier, sans qu’aucun communiqué officiel ne soit publié à l’issue des discussions. Plusieurs éléments permettent toutefois d’identifier les principaux enseignements de cette séquence.
Un format élargi et encadré par Washington
Les pourparlers ont rassemblé les représentants du Maroc, de l’Algérie, de la Mauritanie et du Front Polisario. Étaient également présents Staffan de Mistura, envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, ainsi qu’une délégation américaine conduite par Massad Boulos, conseiller spécial de Donald Trump pour l’Afrique, accompagnée du représentant des États-Unis auprès des Nations unies, Mike Waltz.
Cette configuration marque une implication directe de Washington dans la facilitation des discussions, en complément du cadre onusien existant.
Vers la mise en place d’un comité technique
Selon plusieurs sources concordantes, les participants se seraient accordés sur le principe de la création d’un comité technique chargé de travailler sur un accord-cadre. Ce comité serait composé d’experts juridiques internationaux et de responsables politiques mandatés par les différentes parties.
L’objectif serait de structurer un texte de référence dans les prochains mois, avec l’hypothèse d’une formalisation à Washington au printemps. Aucune échéance officielle n’a toutefois été confirmée.
Le plan marocain au centre des discussions
Les échanges ont principalement porté sur la proposition marocaine d’autonomie pour le Sahara occidental. Initialement présentée sous une forme synthétique, cette proposition a été progressivement étoffée et détaillée. Plusieurs points continuent néanmoins de susciter des demandes de clarification de la part des autres acteurs, en particulier de l’Algérie et du Front Polisario.
Deux points de désaccord persistants
Deux sujets demeurent au cœur des divergences :
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La gouvernance régionale : le Maroc privilégie un exécutif régional désigné, tandis que le Front Polisario plaide pour un exécutif élu.
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Les questions économiques et fiscales : la fiscalité locale et la gestion des ressources naturelles restent des sujets sensibles, sur lesquels aucun compromis n’a encore émergé.
Ces points constituent les principaux obstacles à l’élaboration d’un accord consensuel à ce stade.
Une initiative inscrite dans une démarche progressive
La réunion de Madrid s’inscrit dans une initiative plus large conduite par les États-Unis depuis plusieurs mois. En octobre 2025, Massad Boulos avait évoqué la possibilité de parvenir à une solution dans un délai resserré. Depuis, Washington privilégie une approche graduelle, combinant consultations discrètes et travail technique, sans remise en cause formelle du processus onusien.
Une étape sans conclusion formelle
En l’absence de communiqué final, la réunion de Madrid ne débouche pas sur un accord politique. Elle marque toutefois une reprise structurée des échanges entre les parties et la définition d’un cadre de travail technique, appelé à se poursuivre dans les prochains mois.

