Le pouvoir iranien franchit un cap diplomatique. Selon l’agence de presse Fars, le président Massoud Pezeshkian a donné instruction d’entamer des pourparlers avec les États-Unis sur la question nucléaire. Aucune date n’a été communiquée, mais l’annonce, reprise par le quotidien gouvernemental Iran et le journal réformiste Shargh, marque un tournant après des mois de crispations avec Washington.
Cette inflexion intervient alors que les États-Unis n’excluent pas un recours à la force militaire en cas d’échec diplomatique. Dans ce contexte tendu, Téhéran semble vouloir reprendre l’initiative politique.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a affirmé qu’un accord restait possible, à condition que la partie américaine s’inscrive dans une logique d’« accord juste et équitable », garantissant l’absence d’armes nucléaires iraniennes. Dans une interview accordée à CNN, il a explicitement fait référence aux déclarations de Donald Trump, ouvrant la porte à une relance des négociations sur de nouvelles bases.
Sur le terrain diplomatique, les échanges se sont accélérés. Le chef de la diplomatie iranienne a multiplié les contacts avec ses homologues turc, saoudien et égyptien. Égypte, Arabie saoudite, Turquie et le Qatar jouent un rôle central de médiation afin d’éviter une confrontation directe entre l’Iran et les États-Unis.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a précisé que les discussions portent actuellement sur « la méthode et le cadre de travail » du processus diplomatique, avec l’objectif de finaliser les modalités dans les prochains jours. Il a toutefois rejeté toute idée de pression extérieure, affirmant que l’Iran « n’accepte jamais d’ultimatum », en réponse aux spéculations sur une échéance imposée par Washington.
Côté américain, le ton se veut prudemment ouvert. Donald Trump a déclaré espérer la conclusion d’un accord, tout en laissant planer l’incertitude sur la suite en cas d’échec. Une déclaration ambiguë, fidèle à une stratégie mêlant pression maximale et ouverture conditionnelle.
Analyse 54 ÉTATS :
Cette séquence marque une tentative claire de désescalade contrôlée de la part de Téhéran, qui cherche à éviter l’isolement stratégique et le risque d’une frappe militaire, tout en testant la marge de manœuvre politique de Washington. Reste à savoir si ces pourparlers déboucheront sur un cadre durable ou s’ils ne seront qu’un épisode de plus dans un cycle récurrent de tensions et d’arrangements provisoires.

