Au lendemain d’une attaque armée contre l’aéroport international de Niamey et la base aérienne 101, les autorités nigériennes durcissent le ton. Le chef de l’État, le général Abdourahamane Tiani, accuse frontalement la France, le Bénin et la Côte d’Ivoire d’avoir soutenu des « mercenaires » impliqués dans l’opération. Des accusations graves, sans éléments publics à ce stade, qui s’inscrivent dans un contexte régional déjà sous haute tension.
La capitale nigérienne a retrouvé un fonctionnement quasi normal jeudi, moins de vingt-quatre heures après des tirs et détonations entendus dans la nuit de mercredi à jeudi aux abords de l’aéroport Diori Hamani. La cible principale de l’attaque, survenue peu après minuit, était la base aérienne 101, site stratégique qui abrite notamment des moyens aériens militaires et des installations sensibles.
Selon un premier bilan communiqué par le ministère de la Défense nationale, vingt assaillants ont été neutralisés et onze interpellés. Quatre soldats nigériens ont été grièvement blessés. La télévision d’État a évoqué la présence d’un ressortissant français parmi les assaillants tués, sans fournir de preuves ni d’identification officielle.
Jeudi matin, le général Abdourahamane Tiani s’est rendu sur le site de l’escadrille nationale. Devant les militaires, il a salué la « réactivité » des forces engagées, affirmant que l’attaque avait été contenue en une vingtaine de minutes. Il a également mis en avant la coopération avec des partenaires russes présents aux côtés de l’armée nigérienne depuis le retrait des forces occidentales.
Dans une déclaration particulièrement offensive, le chef de la junte a ensuite désigné ce qu’il appelle les « sponsors des mercenaires », citant nommément Emmanuel Macron, Patrice Talon et Alassane Ouattara. Des propos assortis de menaces verbales mais sans précision opérationnelle ni éléments étayant ces accusations.
Dans la foulée, deux rassemblements de soutien au pouvoir se sont tenus à Niamey, l’un près de l’Assemblée nationale, l’autre au carrefour de l’escadrille, mobilisant plusieurs milliers de personnes dans un climat de forte mobilisation patriotique.
Sur le plan matériel, les autorités reconnaissent des dégâts sur des appareils civils stationnés sur le tarmac, dont deux avions de la compagnie Asky et un d’Air Côte d’Ivoire. Aucun détail n’a été communiqué concernant d’éventuels dommages dans la zone strictement militaire. L’aviation civile nigérienne assure de son côté que le trafic aérien se poursuit normalement.
Au-delà de l’épisode sécuritaire, cette attaque et la réaction qu’elle suscite confirment l’ancrage du Niger dans une logique de confrontation diplomatique avec plusieurs capitales ouest-africaines et européennes. En l’absence d’éléments indépendants vérifiables, les accusations formulées par la junte relèvent avant tout d’un message politique : celui d’un pouvoir militaire qui assume désormais une rupture frontale avec ses anciens partenaires et entend consolider son récit de souveraineté assiégée.

