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lundi, février 16, 2026

Libye–Soudan : le camp Haftar redéploie ses forces sous pression égyptienne

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Priscilla Wolmer
Priscilla Wolmerhttp://www.54etats.com
FONDATRICE ET DIRECTRICE DU MÉDIA 54 ÉTATS

Le camp du maréchal Khalifa Haftar a ordonné un redéploiement militaire stratégique vers le triangle frontalier reliant la Libye, le Soudan et l’Égypte. L’ordre a été donné par Saddam Haftar, vice-président du commandement général de l’Armée nationale libyenne (ANL), qui contrôle l’est et une grande partie du sud libyen.

Selon un communiqué officiel de l’ANL, des unités du cinquième régiment d’infanterie basées à al-Koufra ont été déployées vers la frontière « afin d’y accomplir leur mission », sans autre précision. Des images issues de sources ouvertes confirment le mouvement de dizaines de véhicules militaires quittant al-Koufra en direction du sud-est, une zone devenue hautement sensible depuis l’embrasement du conflit soudanais.

Ce redéploiement intervient dans un contexte de pressions diplomatiques et sécuritaires accrues exercées par Égypte et l’Arabie saoudite, qui exigent l’arrêt immédiat de l’aide logistique fournie, via la Libye, aux paramilitaires soudanais des Forces de soutien rapide (FSR), accusés de massacres et de crimes de masse, notamment au Darfour.

Malgré ces pressions, l’alliance stratégique entre le camp Haftar et Émirats arabes unis demeure intacte. Abou Dhabi continue, par l’intermédiaire de son allié libyen, d’assurer l’acheminement d’armes, de munitions et de carburant vers les FSR, faisant de la Libye orientale un corridor logistique clé du conflit soudanais.

Face à ce qu’elle considère comme une menace directe pour sa sécurité nationale, l’Égypte est passée à un niveau supérieur. Selon plusieurs sources concordantes, l’aviation égyptienne aurait mené ce mois-ci une frappe non revendiquée contre un important convoi en provenance de Libye, détruisant des dizaines de véhicules chargés de matériel militaire et de carburant. Un signal clair adressé au camp Haftar.

Le message du Caire est sans ambiguïté. Lors d’une visite de Saddam Haftar au Caire début janvier, les autorités égyptiennes l’auraient explicitement mis en garde contre la poursuite de ces livraisons. Plus encore, l’Égypte aurait proposé un soutien militaire et financier renforcé au camp Haftar en échange d’un éloignement stratégique d’Abou Dhabi — une option qui, si elle se confirmait, marquerait un basculement majeur des équilibres régionaux en Libye et au Sahel.

Pris entre les injonctions contradictoires de ses alliés, le camp Haftar fait désormais face à une pression sans précédent, révélatrice de l’internationalisation croissante du conflit soudanais et du rôle central joué par le sud libyen dans les recompositions sécuritaires régionales.

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