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lundi, février 16, 2026

Sénégal : l’APR de Macky Sall se réorganise après sa défaite et prépare la reconquête

L’Alliance pour la République, parti de l’ex-président Macky Sall, engage une profonde restructuration après sa défaite à la présidentielle. Entre rajeunissement des cadres, féminisation et stratégie de reconquête, l’APR prépare les échéances électorales de 2027.

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Aïssatou Faye-Johnson
Aïssatou Faye-Johnson
Correspondante au Sénégal

Depuis le Maroc, l’ex-président Macky Sall procède à une vague de nominations au sein de l’Alliance pour la République, dans une stratégie assumée de survie politique et de repositionnement face au pouvoir Pastef.

Au Sénégal, le principal parti d’opposition, l’Alliance pour la République (APR), fondé et dirigé par l’ancien chef de l’État Macky Sall, tente de reprendre l’initiative politique après sa lourde défaite à l’élection présidentielle de 2024. Depuis le Maroc, où il réside depuis la perte du pouvoir, Macky Sall a signé un arrêté en date du 20 janvier actant la nomination de 25 nouveaux membres au sein des instances dirigeantes du parti.

Cette décision s’inscrit dans une dynamique amorcée dès juillet dernier, avec l’entrée de profils plus jeunes au sein de l’Alliance pour la République. L’objectif est affiché : rajeunir les cadres, féminiser les instances et adapter le parti à la réalité démographique du pays. Sur les 25 nouveaux responsables nommés, sept sont des femmes, dont Néné Fatoumata Tall, présidente du mouvement des femmes de l’APR.

Hamidou Anne, lui-même intégré lors de la précédente vague de nominations, revendique une volonté de transformation interne destinée à « mieux refléter la société sénégalaise » et à renforcer la crédibilité du parti dans l’opposition.

Une machine politique remise en ordre de marche

Autre signal fort de cette restructuration : la désignation de huit porte-paroles nationaux, dont trois femmes, placés sous la coordination de l’ancien ministre de la Communication Moussa Bocar Thiam. Pour Seydou Gueye, ancien porte-parole de l’APR, cette réorganisation traduit une stratégie claire de « reconquête du pouvoir », avec un renforcement du maillage territorial du parti en vue des élections locales prévues en 2027.

Deux ans après une défaite qualifiée de cuisante face aux Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef) du président Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko, l’APR fait face à une double fragilité : l’érosion de sa base militante et la perte de visibilité dans un paysage politique dominé par le nouveau pouvoir.

Pour le politologue Papa Ogo Seck, cette séquence relève d’une « logique de survie politique et de dignité ». Il s’agit pour l’APR de recruter, de se restructurer et de s’imposer comme l’héritier assumé du bilan politique et économique de l’ère Macky Sall (2012-2024), tout en tentant d’exister face à un exécutif qui capte aujourd’hui l’essentiel de l’attention politique.

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