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lundi, février 16, 2026

Ghana : l’énergie au cœur de la stratégie minière du premier producteur d’or africain

Accra engage une réforme énergétique de 22 milliards de cedis pour sécuriser l’électricité des mines et renforcer l’attractivité du secteur aurifère.

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Priscilla Wolmer
Priscilla Wolmerhttp://www.54etats.com
FONDATRICE ET DIRECTRICE DU MÉDIA 54 ÉTATS

Premier producteur d’or du continent, le Ghana a engagé une réforme énergétique d’ampleur pour sécuriser l’alimentation électrique de son industrie minière et soutenir la croissance de son secteur extractif. Face aux besoins croissants des compagnies minières et aux fragilités structurelles de son système électrique, Accra a fait le choix d’un rééquilibrage profond entre production, transport et financement de l’énergie.

Annoncé en novembre 2025, un programme de réforme du secteur de l’énergie d’un montant de 22 milliards de cedis ghanéens vise à résorber les dettes historiques, stabiliser les contrats de long terme et renforcer le lien stratégique entre énergie et mines. L’objectif est clair : garantir une fourniture électrique fiable et continue, condition indispensable à la compétitivité de l’industrie aurifère.

Sur cette enveloppe, 15,2 milliards de cedis sont destinés à combler les déficits accumulés du secteur énergétique, tandis que 4,8 milliards permettront d’apurer les arriérés dus aux producteurs indépendants d’électricité. Une mesure jugée cruciale pour éviter les coupures et restaurer la confiance des opérateurs industriels. Par ailleurs, 2 milliards de cedis financeront la première phase de l’initiative d’accélération de l’électrification rurale et d’intensification urbaine, un levier important pour les sites miniers souvent situés dans des zones éloignées des grands centres.

Cette réforme s’inscrit également dans la stratégie nationale « gas-to-power ». Le Ghana prévoit la construction, dès 2026, d’une centrale thermique de 1 200 MW alimentée par le gaz domestique issu des champs offshore de Cape Three Points et traité par l’usine nationale de gaz. En réduisant la dépendance aux combustibles importés, le pays entend abaisser les coûts de production électrique et améliorer la rentabilité des entreprises minières.

En parallèle, l’opérateur public du réseau de transport, Ghana Grid Company (GRIDCo), finalise avec le groupe turc AKSA Enerji l’intégration de la centrale d’Anwomaso de 141 MW au réseau national, renforçant ainsi la capacité disponible pour l’industrie et les ménages.

L’effort porte aussi sur les infrastructures de transport et de distribution. Près de 200 nouveaux transformateurs sont en cours de déploiement dans les principales zones urbaines afin de renforcer la résilience du réseau. À l’échelle régionale, GRIDCo a lancé avec l’électricien ivoirien CI-ENERGIES un projet de renforcement de l’interconnexion électrique à double circuit de 330 kV. Soutenu par la World Bank, ce projet reliera Dunkwa à Elubo, puis Bingerville en Côte d’Ivoire, ouvrant un accès accru aux capacités du West African Power Pool.

Dans un contexte où le secteur minier ghanéen a attiré 1,2 milliard de dollars d’investissements directs étrangers en 2024, la sécurisation de l’approvisionnement électrique apparaît comme un signal fort envoyé aux investisseurs. En alignant politique énergétique et ambitions minières, le Ghana cherche à consolider sa position de leader aurifère en Afrique, tout en posant les bases d’une industrialisation plus robuste et durable.

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