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lundi, février 16, 2026

RDC : affrontements meurtriers à Bukama, bilans contradictoires entre l’armée et la société civile

Bukama endeuillée après des affrontements entre FARDC et présumés miliciens Maï Maï, sur fond de graves accusations visant l’armée.

À lire ou à écouter

Un affrontement armé entre les Forces armées de la République démocratique du Congo et des miliciens a fait au moins neuf morts et quatre blessés à Bukama, dans la province du Haut-Lomami. Tandis que l’armée évoque une attaque menée par des miliciens Maï Maï, la société civile et des élus locaux accusent les FARDC d’avoir ouvert le feu sur des civils non armés. Les versions divergent, la tension demeure.

Les faits

Les violences ont éclaté dimanche 11 janvier à Bukama, cité située à près de 500 kilomètres au nord de Lubumbashi. Selon un communiqué du porte-parole des FARDC, des miliciens auraient attaqué une position militaire dans le but de libérer l’un des leurs, arrêté la veille.

Le bilan officiel fait état de quatre assaillants tués et de quatre blessés, dont un militaire congolais. Les troupes impliquées auraient été déployées depuis la base militaire de Kamina à la suite d’une alerte sécuritaire.

La version de la société civile

La société civile locale conteste formellement cette lecture. Elle affirme que neuf civils ont été tués et quatre personnes blessées, lors d’une intervention de l’armée contre des habitants protestant contre des arrestations menées dans le quartier de Kisanga wa Byoni.

« Les corps ont été enterrés dans des conditions indignes, emballés dans des nattes et mis en terre par des agents de la Croix-Rouge », témoigne Profexe Sambo, membre de l’ONG Justicia ASBL basée à Bukama.

Les élus locaux dénoncent un “carnage”

Des élus provinciaux vont plus loin et parlent d’un usage disproportionné de la force.
« Ils ont tiré sur des civils paisibles, non armés. Il n’y a jamais eu de seigneur de guerre à Bukama. Ce qui s’est passé est un carnage intentionnel », affirme Banza Maila, élu provincial.

L’armée maintient sa position

De son côté, l’armée persiste et affirme que les assaillants appartenaient au groupe Maï Maï Zoulou. Les FARDC assurent avoir pris des dispositions pour sécuriser la ville et prévenir toute nouvelle flambée de violence.

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