À cinq jours de l’élection présidentielle du 15 janvier 2026, une coalition d’organisations de la société civile — nationales et régionales — alerte sur une dégradation rapide du climat électoral en Ouganda. Militarisation du scrutin, intimidations ciblant l’opposition et pressions sur les électeurs : les signaux d’alerte se multiplient.
Militarisation et menaces explicites
Lors d’un échange en ligne tenu vendredi 9 janvier, militants et experts ont appelé à une désescalade immédiate et à la protection des libertés publiques. La coalition affirme documenter une présence accrue des forces armées autour de la campagne et du processus électoral, ainsi que des avertissements adressés aux électeurs à l’approche des bureaux de vote.
Godber Tumushabe, du Great Lakes Institute for Strategic Studies, s’est montré particulièrement inquiet :
« Le chef de l’armée et le porte-parole ont publié des mises en garde demandant aux électeurs de ne pas rester près des bureaux de vote après avoir voté — alors même que la loi l’autorise, à condition d’être à vingt mètres du bureau. Plus grave encore, un officier supérieur de la quatrième division de l’armée à Gulu a averti que les Ougandais qui resteraient près des bureaux de vote pourraient être arrêtés… ou abattus. »
Ces propos, s’ils étaient avérés, constitueraient une violation manifeste du droit de vote et un usage dissuasif de la force incompatible avec un scrutin libre.
Solidarités régionales et mise en garde politique
L’alerte dépasse les frontières ougandaises. Des militants de la région, notamment en Tanzanie — où des violences policières ont marqué la dernière présidentielle — expriment leur solidarité. L’avocat des droits humains Tito Magotidénonce une dérive sécuritaire :
« Le président Yoweri Museveni brandit le slogan “protéger les acquis”. Mais certains acquis ne sont pas honorables. On ne protège pas un régime militaire. On ne protège pas les brutalités policières. À l’approche du scrutin, l’État cherche à écarter les citoyens de la gouvernance de leur pays. Et cela risque de mal finir. »
Exigences claires à cinq jours du vote
Les organisations de la société civile appellent à la désescalade, réclament des garanties de sécurité impartiales, et exigent que chaque électeur puisse voter sans peur le jeudi 15 janvier. Le message est direct : sans respect des libertés publiques et du cadre légal, la crédibilité du scrutin est compromise.

