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samedi, janvier 24, 2026

Guinée — Santé du président de la transition : Mamadi Doumbouya évacué d’urgence au Maroc, Conakry sous haute surveillance

Évacuation médicale, tensions au sommet de l’armée et incertitudes sur la gouvernance effective de la transition guinéenne

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Isaga Anne
Isaga Anne
Journaliste Reporter d'Images

Selon des informations exclusives recueillies par 54 ÉTATS auprès de sources sécuritaires, médicales et politiques concordantes, le président de la transition guinéenne, Mamadi Doumbouya, aurait été évacué en urgence vers le Marocdans la matinée du 4 janvier 2026. Cette évacuation intervient après plusieurs semaines de dégradation de son état de santé et dans un climat de forte crispation sécuritaire à Conakry, où la question de la gouvernance effective du pays se pose désormais ouvertement.

Une évacuation médicale en plusieurs temps

D’après nos sources, Mamadi Doumbouya aurait été évacué une première fois le 29 décembre 2025, aux environs de 23h00, vers le Gabon. Il serait ensuite rentré à Conakry le 1er janvier 2026, sans amélioration notable de son état de santé.

Face à une dégradation jugée sérieuse par son entourage médical, une nouvelle évacuation d’urgence aurait été décidée le 4 janvier 2026 vers 5h00, direction Rabat. Le président de la transition serait actuellement hospitalisé à l’Hôpital militaire Mohammed V, où il recevrait des soins intensifs, selon plusieurs sources proches du dossier.

Un chef de l’État de plus en plus absent

Depuis plusieurs mois, la rareté des apparitions publiques de Mamadi Doumbouya interroge. Il n’a pas participé à sa propre campagne électorale et sa dernière apparition publique, fin 2025, l’a montré physiquement affaibli.

Des sources internes à l’appareil d’État indiquent qu’il serait progressivement écarté des grandes décisions stratégiques. Des membres de son entourage évoquent des sautes d’humeur, une fatigue extrême et des décisions parfois incohérentes, alimentant les doutes sur sa capacité à exercer pleinement les fonctions présidentielles.

Selon plusieurs sources proches du dossier médical, un diagnostic aurait été établi dès mai 2025, à la suite d’une hospitalisation discrète au Maroc. Sans en révéler la nature, ces sources affirment que l’état de santé du chef de l’État n’a cessé de se dégrader, avec l’apparition de symptômes neurologiques sévères, rendant inévitable l’évacuation actuelle.

Conakry sous contrôle militaire

Sur le terrain sécuritaire, la situation est particulièrement sensible. Mamadi Doumbouya aurait confié la sécurité du palais présidentiel au colonel Baba Barry, récemment rappelé du Maroc pour assurer le contrôle du palais de Kaloum.

Ce dernier travaillerait en étroite coordination avec le commandant Alya Camara, chargé de mettre en place une ceinture de sécurité renforcée autour de Kaloum ainsi que sur les points stratégiques de la capitale. Plusieurs sources évoquent un dispositif inhabituellement dense, traduisant la nervosité du moment.

Gestion intérimaire et rivalités internes

Le Premier ministre Amadou Oury Bah serait actuellement chargé de la gestion des affaires courantes de l’État, dans un cadre institutionnel qui reste flou.

Dans le même temps, le ministre de la Défense nationale Aboubacar Sidiki Camara, connu pour ses ambitions politiques, aurait convoqué en urgence, le samedi 3 janvier 2026, une réunion restreinte d’officiers malinkés. Objectif : préparer l’après-Doumbouya et anticiper différents scénarios de transition ou de vacance du pouvoir.

Cette initiative aurait provoqué de vives tensions au sommet de l’armée. Le chef d’État-major général Ibrahima Bangoura, qui n’aurait pas été convié à cette rencontre, aurait très mal accueilli cette manœuvre, révélatrice de fractures profondes au sein de la hiérarchie militaire.

Un scénario qui rappelle un passé lourd

Aucune communication officielle ne confirme à ce stade les informations rapportées ici. Mais une réalité s’impose : la Guinée traverse une séquence politique trouble, qui n’est pas sans rappeler les derniers mois du régime de Lansana Conté, avec un chef d’État officiellement en fonction mais progressivement privé de l’exercice réel du pouvoir, dans un climat d’opacité et de rivalités internes.

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