La Guinée équatoriale a franchi une étape majeure de son histoire politique et territoriale en désignant Ciudad de la Paz comme nouvelle capitale nationale. Située sur le continent, dans la province de Djibloho, cette ville planifiée doit progressivement remplacer Malabo, l’ancienne capitale installée sur l’île de Bioko depuis l’époque coloniale.
Anciennement connue sous le nom d’Oyala, Ciudad de la Paz est le fruit d’un vaste projet lancé à la fin des années 2000. L’objectif affiché est clair : doter le pays d’une capitale moderne, centrale et accessible, capable d’accueillir les principales institutions de l’État et de mieux servir l’ensemble du territoire national.
Le choix de déplacer la capitale répond à plusieurs enjeux stratégiques. D’abord, un enjeu géographique. Malabo, située sur une île, est perçue comme éloignée d’une grande partie de la population vivant sur le continent. En s’installant au cœur du pays, le pouvoir entend rapprocher l’administration des citoyens et améliorer la cohésion nationale.
Ensuite, un enjeu politique et institutionnel. Ciudad de la Paz a été pensée comme un centre administratif moderne, avec des bâtiments gouvernementaux, un palais présidentiel, des infrastructures routières et des zones résidentielles. Le transfert des institutions doit se faire de manière progressive, afin de limiter les perturbations et de permettre aux services de l’État de s’adapter à leur nouvel environnement.
Ce projet s’inscrit également dans une volonté de diversification et de rééquilibrage du développement national. En investissant massivement dans l’intérieur du pays, les autorités espèrent stimuler l’économie locale, créer de nouveaux pôles d’activité et réduire la concentration des richesses autour de la capitale historique et des zones pétrolières côtières.
Malabo ne disparaît pas pour autant du paysage institutionnel. La ville conserve un rôle économique et symbolique important, notamment en raison de son port, de ses infrastructures existantes et de son poids historique. Mais la désignation de Ciudad de la Paz comme capitale marque un tournant, illustrant l’ambition de refonder l’organisation de l’État équato-guinéen sur des bases territoriales nouvelles.
À terme, Ciudad de la Paz doit devenir le visage d’une Guinée équatoriale modernisée, tournée vers l’avenir, tout en cherchant à affirmer son unité nationale et son ancrage continental.

