3.2 C
Paris
samedi, janvier 24, 2026

Guinée : la Cour suprême valide l’élection de Mamadi Doumbouya dès le premier tour

Présidentielle en Guinée : élu avec 86,72 % des voix, Mamadi Doumbouya entame un mandat de sept ans après un scrutin boycotté par l’opposition.

À lire ou à écouter

La Cour suprême de Guinée a officiellement confirmé, dimanche 5 janvier au soir, la victoire de Mamadi Doumbouya à l’élection présidentielle du 28 décembre. Le chef de la transition est élu dès le premier tour avec 86,72 % des suffrages, à l’issue d’un scrutin marqué par le boycott de l’opposition historique et l’exclusion de plusieurs figures politiques majeures.

Sans surprise, la Cour suprême de Guinée a validé la victoire de Mamadi Doumbouya, mettant un terme officiel au processus électoral ouvert après plus de quatre années de transition militaire. Le général, candidat indépendant, est élu pour un mandat de sept ans dès le premier tour, avec un score écrasant de 86,72 %.

La proclamation des résultats a été faite par le président de la Cour suprême, Fodé Bangoura, qui a déclaré que Mamadi Doumbouya avait obtenu « le plus grand nombre de suffrages exprimés » et remplissait ainsi les conditions constitutionnelles pour accéder à la magistrature suprême.

Ce scrutin, présenté par les autorités comme l’aboutissement du retour à l’ordre constitutionnel, s’est toutefois déroulé dans un contexte politique verrouillé. Les principaux partis d’opposition ont largement boycotté l’élection, dénonçant un processus biaisé, tandis que plusieurs ténors politiques ont été empêchés de concourir. Une configuration électorale qui relativise la portée du score obtenu par le président élu.

Dans sa première allocution à la nation après la confirmation officielle des résultats, Mamadi Doumbouya a appelé les Guinéens à se rassembler pour « bâtir une Guinée de souveraineté politique et économique ». « En m’accordant la majorité absolue dès le premier tour, votre choix m’oblige davantage », a-t-il affirmé, saluant la « maturité » et le « calme » du peuple guinéen.

Réactions politiques mesurées

Du côté des candidats déclarés malheureux, les réactions ont été globalement apaisées. Ibrahima Abé Sylla, candidat de la Nouvelle Génération pour la République, a félicité le vainqueur et appelé à l’unité nationale, invitant les Guinéens à se mobiliser autour d’un programme de développement socio-économique.

Même tonalité chez Sidibé Ousmane, cadre du Rassemblement des Guinéens pour la prospérité d’Elhadj Bouna Kéita, qui estime que « c’est la Guinée qui a gagné », saluant ce qu’il qualifie d’« esprit républicain » et de « maturité politique » observés durant le processus.

Soutiens internationaux prudents

Sur le plan diplomatique, le président français Emmanuel Macron s’est entretenu dimanche soir avec Mamadi Doumbouya pour le féliciter, saluant « une étape décisive vers l’achèvement de la transition » en Guinée. Un signal de reconnaissance internationale, même si plusieurs partenaires restent attentifs à la gouvernance post-électorale et à l’ouverture politique effective du régime.

Désormais investi de la légitimité des urnes, le président guinéen est attendu sur le terrain des actes : réformes institutionnelles, réconciliation nationale et relance économique. La fin de la transition marque surtout le début d’une phase décisive, où la promesse de stabilité devra se traduire par des résultats tangibles.

- Events -spot_img

Plus d'articles

- Evénements -spot_img

Dernières actualités