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samedi, janvier 24, 2026

Centrafrique : combats entre l’armée et la milice AAKG dans le sud-est du pays

Alors que les résultats partiels des élections générales du 28 décembre 2025 sont progressivement proclamés, de violents affrontements opposent l’armée centrafricaine à la milice Azandé Ani Kpi Gbé dans les villes de Zémio et Bambouti, à la frontière du Soudan du Sud.

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En République centrafricaine, alors que les résultats partiels des élections générales du 28 décembre 2025 commencent à être rendus publics, la situation sécuritaire s’est brutalement dégradée dans le sud-est du pays. Des affrontements ont opposé la milice Azandé Ani Kpi Gbé (AAKG) aux forces gouvernementales, notamment dans la ville de Zémio, attaquée dans la soirée du 1er janvier.

Selon le ministre de l’Administration territoriale, Bruno Yapandé, la situation serait « sous contrôle » à l’heure actuelle. Jeudi soir, plusieurs dizaines d’hommes armés affiliés à l’AAKG — un groupe d’auto-défense issu de la communauté Zandé, ancien allié du pouvoir mais désormais en rupture avec Bangui — ont attaqué un checkpoint en périphérie de Zémio. L’assaut a fait plusieurs blessés parmi les soldats centrafricains, avant l’intervention de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca), qui a repoussé les assaillants.

Les combats ont toutefois repris vendredi matin. Une femme a été tuée, selon les autorités locales. La mort d’un soldat des Forces armées centrafricaines (FACA) est également évoquée, sans confirmation officielle à ce stade.

La flambée de violences trouve son origine à Bambouti, localité frontalière du Soudan du Sud. Dimanche dernier, des éléments de l’AAKG y ont perturbé le déroulement du scrutin, enlevant la sous-préfète, un gendarme et un agent électoral. Ce dernier a depuis été tué, selon les autorités.

En représailles, les FACA, appuyées par leurs alliés russes, ont lancé une opération militaire d’envergure contre Bambouti, avec le déploiement d’hélicoptères. D’après les Nations unies, environ 2 500 personnes ont fui la zone et trouvé refuge au Soudan du Sud voisin.

Ce vendredi matin encore, des échanges de tirs ont été signalés dans la ville, avant un retour au calme, selon le ministre de l’Administration territoriale. L’absence de réseau téléphonique complique cependant la vérification des informations sur le terrain. Des discussions seraient en cours pour obtenir la libération des personnes encore retenues en otage.

Ces violences mettent en lumière la fragilité persistante de la situation sécuritaire dans l’est de la Centrafrique, dans un contexte électoral déjà marqué par de fortes tensions politiques et communautaires.

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