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samedi, janvier 24, 2026

Guinée-Bissau : une délégation sénégalaise plaide pour la libération des prisonniers du putsch

Un mois après le putsch du 26 novembre 2025, une délégation sénégalaise s’est rendue à Bissau pour plaider la libération des détenus politiques et encourager un retour rapide à l’ordre constitutionnel, sous la pression croissante de la Cédéao.

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Aïssatou Faye-Johnson
Aïssatou Faye-Johnson
Correspondante au Sénégal

Près d’un mois après le coup d’État militaire du 26 novembre 2025 ayant renversé le président Umaro Sissoco Embalo, la crise politique en Guinée-Bissau reste ouverte. Attendue à Bissau le dimanche 21 décembre, la mission des chefs d’état-major de la Cédéao a été refusée par les autorités militaires au pouvoir.

En substitution, une délégation ministérielle sénégalaise conduite par Cheikh Niang, ministre des Affaires étrangères, et Birame Diop, ministre de la Défense, s’est rendue dans la capitale bissau-guinéenne. Les échanges avec la junte, qualifiés de « très fructueux » par la diplomatie sénégalaise, ont duré près de trois heures.

« Le Sénégal est venu pour réitérer sa détermination à accompagner la Guinée-Bissau afin que la normalité revienne le plus tôt possible », a déclaré Cheikh Niang à la presse. La délégation a notamment proposé la libération de l’ensemble des personnes détenues à la suite des événements du 26 novembre, considérant cette mesure comme un préalable à l’apaisement et à la crédibilité de la transition.

Le chef de la diplomatie sénégalaise a souligné que le pays est désormais engagé dans une période de transition, laquelle doit, selon lui, bénéficier d’un accompagnement international structuré. Il a cité en priorité la Cédéao, mais aussi l’Union africaine, l’ONU et la CPLP, appelées à jouer un rôle dans la pacification et la normalisation institutionnelle.

Menace de sanctions régionales

La semaine précédente, la Cédéao avait averti qu’elle pourrait imposer des « sanctions ciblées » contre toute personne ou entité cherchant à entraver le retour à un régime civil. Une pression diplomatique accrue, alors que la junte tente d’installer une transition d’un an.

Pour rappel, le 26 novembre, à la veille de la publication des résultats provisoires des élections présidentielle et législatives, des militaires ont suspendu le processus électoral et renversé le chef de l’État élu en 2020. Depuis, la junte a nommé Horta N’Tam, proche d’Embalo, à la tête de la transition.

Sur le plan politique, Fernando Dias, candidat de l’opposition revendiquant la victoire, s’est réfugié à l’Ambassade du Nigeria à Bissau, qui lui a accordé l’asile. Un autre poids lourd de l’opposition et ancien Premier ministre, Domingos Simões Pereira, a été arrêté le jour du putsch avec plusieurs opposants et demeure détenu.

Quant à Umaro Sissoco Embalo, initialement placé en détention par les militaires, il a depuis quitté le pays. La trajectoire de la transition et la question des prisonniers politiques constituent désormais les principaux tests de la volonté réelle de retour à l’ordre constitutionnel.

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