Au Bénin, une mutinerie a éclaté à l’aube du 7 décembre 2025. Un petit groupe de militaires a brièvement proclamé la destitution du président Patrice Talon à la télévision nationale, annonçant la création d’un « Comité de la refondation militaire » dirigé par le lieutenant-colonel Pascal Tigri. Les forces armées béninoises ont rapidement réagi, neutralisant les mutins et sécurisant les points stratégiques de Cotonou. Une douzaine de militaires ont été arrêtés. L’Union africaine a fermement condamné la tentative de putsch.
La matinée du dimanche 7 décembre 2025 a été marquée par un épisode de grande confusion à Cotonou. Des militaires sont apparus sur la télévision publique béninoise pour annoncer la destitution du président Patrice Talon, qui devait achever son mandat en avril 2025 après dix années au pouvoir. Les mutins ont également indiqué avoir nommé le lieutenant-colonel Pascal Tigri, un officier d’artillerie issu de la garde nationale, à la tête d’un « Comité de la refondation militaire ».
Quelques heures plus tôt, des tirs avaient retenti dans les environs du port et de la présidence. Selon des sources sécuritaires, les assaillants se sont d’abord dirigés vers le domicile du chef de l’État, où ils ont été violemment repoussés, avant de tenter de prendre le palais présidentiel puis les locaux de la télévision nationale. Ils y ont enregistré leur message avant que le signal de Bénin TV ne soit coupé.
L’armée reprend le contrôle
Selon l’entourage de Patrice Talon, le président est sain et sauf. Les forces régulières ont très rapidement repris la main.
« La ville et le pays sont totalement sécurisés », confie une source militaire à l’AFP. « Ils n’ont pas pris le domicile du chef de l’État, ni la présidence. Le nettoyage suit son cours. »
Dans une déclaration télévisée, le ministre de l’Intérieur Alassane Seidou a confirmé l’échec du putsch :
« Un groupuscule de soldats a engagé une mutinerie pour déstabiliser l’État. Les Forces armées béninoises, fidèles à leur serment, ont fait échec à cette manœuvre. Le gouvernement invite la population à vaquer normalement à ses occupations. »
D’après des sources recoupées, douze à treize militaires ont été arrêtés, dont au moins un déjà radié des effectifs. Les principaux instigateurs de la tentative de putsch figurent parmi les interpellés.
Une capitale sous tension, mais calme
Autour de la présidence, les voies d’accès ont été bloquées, des chars ont été déployés et des hélicoptères ont survolé la zone. Dans le reste de Cotonou, la vie a repris son cours : trafic fluide, offices religieux maintenus, population en quête d’informations fiables.
La diffusion de la vidéo des mutins sur les réseaux sociaux a toutefois semé l’inquiétude. Les Béninois attendent désormais un bilan officiel et une communication plus complète des autorités.
Condamnation de l’Union africaine
L’Union africaine a réagi immédiatement.
Le président de la Commission, Mahamoud Ali Youssouf, a condamné « fermement et sans équivoque » la tentative de renversement du président Talon, exhortant les militaires à « cesser immédiatement toute action illégale » et à « retourner à leurs obligations professionnelles ».
Ce putsch avorté rappelle la fragilité sécuritaire qui persiste dans la sous-région. Si le gouvernement béninois affirme avoir totalement rétabli l’ordre, les circonstances exactes de cette mutinerie, ses motivations et son organisation restent encore floues. Le pays attend désormais une communication officielle plus détaillée et une enquête complète pour faire la lumière sur les responsabilités.

