Dans un contexte politique encore fragile à Madagascar, Emmanuel Macron s’est entretenu avec Michaël Randrianirina, président de la refondation, investi il y a six semaines après la prise de pouvoir par son unité militaire. Paris assure vouloir accompagner la transition, soutenir les réformes et appuyer l’organisation d’élections. Mais sur la Grande Île, la société civile appelle à la vigilance.
Le premier échange officiel entre Emmanuel Macron et Michaël Randrianirina a eu lieu le samedi 29 novembre. Selon l’Élysée, le président français a réaffirmé « la volonté de la France d’accompagner et de soutenir la transition en cours » à Madagascar, quelques semaines après l’investiture du dirigeant malgache à la tête de la refondation.
Le chef de l’État français a salué le lancement d’un processus de concertation nationale et l’annonce de réformes, notamment dans la lutte contre la corruption, ainsi que la volonté d’organiser des élections dans des délais raisonnables. Paris encourage les autorités malgaches à inclure pleinement les représentants de la jeunesse et de la société civile dans ces discussions.
Dans le même temps, la France annonce un renforcement de son appui matériel et financier à la Grande Île :
– mise à disposition de médecins à Antananarivo ;
– nouveaux financements ciblés ;
– versement d’une aide budgétaire destinée entre autres à la sécurité alimentaire, secteur fortement fragilisé.
Si cette annonce marque un signal politique fort, elle ne dissipe pas toutes les inquiétudes. Une figure influente de la société civile malgache nuance l’enthousiasme : selon elle, cette aide doit être strictement encadrée pour éviter les dérives, et des mécanismes de contrôle doivent accompagner son déploiement.
Cette même source estime que « Paris cherche à préserver ses intérêts à Madagascar », dans un contexte géopolitique mouvant où des signes d’un rapprochement avec la Russie apparaissent. La récente visite en Russie du président de l’Assemblée nationale malgache illustre cette diversification potentielle des alliances, qui pourrait rebattre les cartes diplomatiques.
Entre volonté affichée de soutenir la transition et nécessité de garantir une gouvernance transparente, la France avance prudemment dans un paysage politique malgache en recomposition. Alors que le pays amorce des réformes sensibles et prépare de futures élections, l’équilibre entre appui international, souveraineté nationale et influences étrangères sera déterminant pour la stabilité de la Grande Île.


