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jeudi, décembre 11, 2025

Guinée-Bissau : le Sénégal réaffirme sa ligne et exige un retour à l’ordre constitutionnel

Dakar maintient une position ferme malgré les controverses autour de l’accueil d’Umaro Sissoco Embaló et appelle à la reprise immédiate du processus électoral.

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Aïssatou Faye-Johnson
Aïssatou Faye-Johnson
Correspondante au Sénégal

Après un bref passage d’Umaro Sissoco Embaló à Dakar avant son départ pour Brazzaville, les déclarations d’Ousmane Sonko ont créé un moment de flottement. Mais la ligne officielle sénégalaise reste inchangée : rétablir l’ordre constitutionnel en Guinée-Bissau et relancer le processus électoral, dans un contexte où plusieurs organisations dénoncent un « simulacre de coup d’État ».

Le transit éclair d’Umaro Sissoco Embaló à Dakar, avant son départ pour Brazzaville où il a été accueilli par les autorités congolaises, a relancé les interrogations sur la position du Sénégal dans la crise qui secoue la Guinée-Bissau.

La déclaration du Premier ministre Ousmane Sonko, qui évoquait vendredi « une combine » autour du coup d’État, a alimenté les spéculations. Certains y ont vu une contradiction avec l’accueil réservé au président renversé lors de son passage à Dakar.

Il n’en est rien, assurent les autorités sénégalaises.

Selon une source au sein de la primature, la ligne reste claire :
le Sénégal exige un retour à l’ordre constitutionnel, la reprise du processus électoral et un dialogue encadré par la Cédéao.

« La position est la même pour tous », affirme cette source, en rappelant que Dakar entretient des relations historiques, politiques et sécuritaires étroites avec Bissau.

Umaro Sissoco Embaló avait d’ailleurs joué un rôle important dans la région en février dernier, facilitant l’accord de paix entre l’État sénégalais et une faction du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC). Une médiation saluée comme décisive pour clore un conflit de plusieurs décennies.

Une crise politique dénoncée comme une dérive électorale

Face à la situation à Bissau, Bassirou Diomaye Faye ou l’un de ses ministres devrait rejoindre la mission de la Cédéao déjà dépêchée sur place. L’objectif : ouvrir un dialogue avec les putschistes et rétablir un cadre institutionnel stable.

La pression internationale augmente.
Plusieurs organisations ouest-africaines de défense des droits humains ont dénoncé dimanche un “simulacre de coup d’État”, qu’elles estiment organisé pour confisquer les élections.
Elles appellent la Cédéao à proclamer immédiatement les résultats du scrutin du 23 novembre, écarté par les militaires au pouvoir.

Dans une région où chaque crise a des répercussions transfrontalières, le Sénégal entend maintenir une posture de stabilité et de fermeté. Dakar privilégie un retour rapide à l’ordre constitutionnel en Guinée-Bissau, tout en laissant à la Cédéao le soin d’orchestrer la sortie de crise. La balle est désormais dans le camp des militaires qui contrôlent Bissau.

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