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lundi, février 16, 2026

Macdieunette, l’audace haïtienne derrière les solaires Clegg

De Port-de-Paix à Paris, la créatrice réinvente la lunette comme symbole de liberté, d’inclusion et d’affirmation de soi.

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Priscilla Wolmer
Priscilla Wolmerhttp://www.54etats.com
FONDATRICE ET DIRECTRICE DU MÉDIA 54 ÉTATS

Arrivée en 2018 en France métropolitaine avec pour seuls bagages deux sacs à dos, sans réseau et avec des moyens limités, Macdieunette Brutus, créatrice haïtienne, s’est frayé un chemin dans l’univers exigeant de la mode grâce à sa détermination et à une passion profonde : les lunettes de soleil, cet accessoire capable de métamorphoser une tenue et de révéler une personnalité. Élevée dans l’univers créatif d’une mère couturière, elle développe très tôt un sens aigu du style et de l’audace. Inspirée par sa nièce Clegg Kamalaïka Valeysha, elle donne à sa marque un nom chargé d’affection et d’héritage.
Aujourd’hui, Clegg s’impose comme une signature de liberté, d’inclusivité et de modernité — un symbole d’expression de soi qui dépasse largement la mode.

54 ÉTATS : Votre nom, Macdieunette Brutus, porte une identité forte et singulière. Quel rôle joue votre histoire personnelle dans la création de Clegg et dans la vision que vous insufflez à la marque ?

Macdieunette Brutus : Oui, déjà, j’ai un nom unique : Macdieunette. Je pense même être la seule au monde à le porter. Dès le départ, il dit quelque chose de mon identité : elle est singulière, forte et assumée. J’ai toujours aimé ce qui sort de l’ordinaire. À l’université, on me reconnaissait par mon style. Je n’ai jamais voulu copier ni ressembler à quelqu’un d’autre : j’ai toujours voulu être moi.

Mon histoire personnelle est au cœur de la création de Clegg. Je viens d’un parcours fait de défis, de résilience et de rêves construits pas à pas. Je n’ai pas eu une enfance facile, mais j’ai toujours rêvé grand, même sans savoir comment j’allais m’en sortir. Mon nom porte une histoire, une culture et une identité dont je suis fière, et cette force se reflète naturellement dans l’ADN de la marque.

Clegg est née de ma volonté de créer bien plus qu’une marque : un symbole de confiance en soi, d’audace et de dépassement. J’ai appris que chaque difficulté peut devenir une force et que chaque différence est une richesse. C’est cette philosophie que je transmets :

Encourager chacun à affirmer qui il est, sans compromis, quelle que soit son origine.

Ma vision repose sur l’authenticité, l’excellence et l’impact. Je veux montrer que ce qui semble inaccessible peut le devenir. C’est pour cela que je parle de luxe accessible : dans les prix, mais aussi dans l’énergie de la marque. Dans nos événements, il n’y a pas de distinction sociale : toutes les classes se retrouvent dans une même salle, à la même table, sur un pied d’égalité.

Clegg, c’est  vous ! c’est votre histoire. un message universel : peu importe votre parcours, votre milieu, votre situation ou les obstacles que vous rencontrez, chacun a le droit de rêver grand et d’y parvenir.

54 ÉTATS : Clegg se présente comme un état d’esprit sans codes imposés, sans genre et sans couleur. Comment cette vision universelle s’exprime-t-elle dans votre marque ?

Macdieunette :  Chez Clegg, l’universel n’est pas un concept marketing, c’est une réalité vécue. Quand je dis « sans codes imposés, sans genre et sans couleur », cela signifie que la marque ne dicte pas une manière d’être : elle laisse chacun se définir lui-même. Clegg ne classe pas, ne met personne dans une case.

Cela s’exprime d’abord dans les créations : des montures pensées pour s’adapter à tous les visages, toutes les identités et tous les styles. Les formes sont épurées mais affirmées, pour laisser la personnalité de chacun prendre le dessus.

Cette vision se reflète également dans l’image de la marque, avec une diversité réelle dans nos campagnes et nos événements. Clegg ne propose pas un modèle unique mais une pluralité de visages et d’attitudes.

Enfin, cette universalité se vit dans l’expérience Clegg : origines, générations, styles… tout se mêle. Clegg crée des espaces où chacun se reconnaît sans étiquette.

Clegg ne donne pas un visage à suivre. Elle révèle le vôtre.

54 ÉTATS : Vous mêlez « vintage parisien » et « pop culture ». Qu’est-ce qui nourrit ce mélange audacieux qui fait l’ADN esthétique de vos collections ?

Macdieunette : L’ADN de Clegg naît de la rencontre entre deux univers que j’adore : le « vintage parisien », symbole d’élégance intemporelle, et la pop culture, incarnation de liberté et de modernité. Ce mélange reflète parfaitement ce que je veux pour la marque : des lunettes qui racontent une histoire, qui ont du caractère, mais qui restent accessibles et universelles.

Les formes évoquent souvent le chic parisien, tandis que les couleurs, motifs et détails s’inspirent du street art, du cinéma, des tendances urbaines ou de la musique. Chaque monture devient un pont entre héritage et modernité.

Ce mélange n’est pas qu’esthétique : il traduit l’esprit de Clegg. On peut être sophistiqué et libre à la fois, puiser dans le passé tout en restant dans l’air du temps. C’est ce dialogue entre tradition et pop culture qui fait la force de nos collections.

54 ÉTATS : Clegg explore de nouveaux matériaux, des technologies et des designs innovants. Comment l’innovation vous permet-elle de rester en avance dans un marché saturé ?

Macdieunette : L’innovation est au cœur de Clegg. Elle nous permet de nous démarquer dans un marché saturé. Nous explorons constamment de nouveaux matériaux, des technologies de pointe et des designs audacieux pour offrir des montures qui ne se contentent pas de suivre les tendances : elles les réinventent.

Cela se traduit par des lunettes plus légères, plus durables, plus confortables, mais aussi par des formes et des détails inattendus. L’innovation n’est pas seulement technique : elle est aussi esthétique.

Pour moi, innover, c’est anticiper les envies des clients avant même qu’ils ne les expriment. Clegg ne répond pas seulement au marché : elle inspire.

54 ÉTATS : Vos lunettes sont pensées en France et fabriquées en Italie. Qu’attendez-vous de cette alliance entre créativité française et savoir-faire italien ?

Macdieunette : L’alliance entre créativité française et savoir-faire italien est au cœur de l’ADN de Clegg. Concevoir en France nous permet d’exprimer pleinement notre vision esthétique, notre audace et notre identité unique.

La fabrication en Italie apporte l’excellence technique, la précision et la qualité reconnue mondialement. C’est là que le design prend vie, avec des matériaux nobles, un confort optimal et des finitions irréprochables.

Cette combinaison nous permet de proposer des lunettes à la fois stylées, innovantes et durables. C’est l’équilibre parfait : une vision française audacieuse, réalisée avec la maîtrise italienne.

54 ÉTATS : Vous insistez sur la durabilité, l’usage de matériaux recyclés et des pratiques éthiques. Comment la responsabilité environnementale influence-t-elle votre démarche créative ?

Macdieunette : La durabilité guide toute notre démarche créative. Utiliser des matériaux recyclés et des pratiques éthiques nous pousse à repenser les formes, les textures et les procédés — chaque contrainte devient une opportunité.

Créer durablement, pour nous, signifie concevoir des lunettes stylées, innovantes et respectueuses de la planète. C’est un équilibre entre design, qualité et responsabilité.

54 ÉTATS : Vos campagnes marketing sont très créatives et souvent inattendues. Quelle place occupe aujourd’hui la créativité dans votre stratégie de marque ?

Macdieunette : La créativité est au cœur de la stratégie de Clegg. Elle n’est pas seulement un levier marketing : c’est l’expression de l’ADN de la marque. Chaque campagne est pensée pour surprendre, provoquer l’émotion et refléter notre univers audacieux et inclusif.

La créativité nous permet de raconter une histoire, de créer une connexion avec nos clients et de transformer chaque interaction en expérience mémorable. Nous ne vendons pas seulement des lunettes : nous partageons un état d’esprit.

54 ÉTATS : Vous soutenez des causes fortes : égalité raciale, droits LGBTQ+, droits des femmes, initiatives éducatives… Comment articulez-vous ce rôle social avec votre ambition mode ?

Macdieunette : Je me vois dans un monde sans genre, sans jugement et sans barrières. Juste la liberté d’être moi. Clegg incarne précisément cela : une marque qui célèbre la liberté d’expression, l’inclusion et la diversité.

Soutenir des causes comme l’égalité raciale, les droits LGBTQ+ ou les droits des femmes fait partie de notre ADN. Pour nous, mode et engagement avancent ensemble.

Nos créations et nos campagnes ne dictent rien : elles permettent à chacun de s’affirmer.

Clegg veut créer des lunettes désirables et audacieuses, tout en portant des valeurs universelles. La mode devient un outil pour inspirer et rassembler.

54 ÉTATS : Vous dites que Clegg aide chacun à sortir de l’ombre pour assumer pleinement qui il est. Comment vos collections encouragent-elles cette affirmation de soi ?

Macdieunette : Chaque collection Clegg permet à chacun de se révéler. Nos lunettes deviennent des extensions de soi, unisexes, pour oser être soi-même. Dans nos campagnes, les singularités se côtoient : styles, identités, personnalités.

Avec Clegg, la mode devient un outil pour célébrer ce qui nous rend uniques.

54 ÉTATS : Qui sont celles et ceux qui portent votre marque ?

Macdieunette : Ceux qui portent Clegg n’ont pas peur d’affirmer qui ils sont, ou cherchent encore leur identité et veulent montrer leur unicité. Ce sont des individus curieux, créatifs, audacieux. En résumé : des esprits libres.

Porter Clegg, c’est choisir de ne pas se conformer. C’est exprimer sa singularité.

54 ÉTATS : Quels nouveaux terrains souhaitez-vous conquérir dans les prochains mois ?

Macdieunette : Nous avons commencé par le digital. Avant même de lancer la marque, j’organisais un concours appelé Top Face Clegg pour trouver un ambassadeur. Cela nous a permis de construire une communauté engagée.

Les prochains mois, nous voulons aller plus loin : expériences immersives en ligne, contenus créatifs, collaborations artistiques, développement chez les opticiens et dans des boutiques emblématiques comme les Galeries Lafayette.

À l’international : le Canada avec notre ambassadrice Yama Laurent, et les États-Unis où nous avons déjà une clientèle forte. J’aime l’esprit américain : *everything is possible if you work

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