Après deux jours de discussions intenses à Luanda, les délégations africaines et européennes ont clos leur septième sommet mardi 25 novembre, sans décision majeure mais avec une série d’engagements qui dessinent les priorités d’un partenariat toujours en quête d’équilibre. Les deux institutions saluent un partenariat « unique et stratégique » mais peinent à produire des avancées concrètes.
Au cœur du communiqué final, une promesse ferme : défendre le multilatéralisme, présenté comme la seule voie pour éviter « le chaos ». Antonio Costa, président du Conseil européen, a insisté sur les dangers que ferait courir tout recul du droit international. « Lorsque nous permettons à un État de bafouer les frontières internationalement reconnues d’un autre pays, nous autorisons tous les autres à en faire autant », a-t-il martelé, rappelant que les deux blocs revendiquent des valeurs communes.
Minerais stratégiques : l’Afrique exige de la valeur ajoutée
Sur le terrain économique, UA et UE affichent leur volonté de renforcer leurs échanges et de structurer une coopération sur les minerais stratégiques. Mais l’Afrique demande désormais davantage qu’un rôle de simple fournisseur de matières premières.
« Il faut que l’on arrive à exporter du cobalt, mais aussi des batteries de véhicule », a insisté Tete Antonio, ministre angolais des Affaires étrangères et hôte du sommet. Pour lui, la prochaine étape est claire : créer en Afrique des chaînes de valeur qui captent la richesse produite.
Migration : contenir l’illégal, faciliter la mobilité
Les discussions ont également porté sur la migration, avec un double objectif : lutter contre les flux clandestins tout en ouvrant davantage de voies légales de mobilité entre les deux continents.
Une approche qui se veut pragmatique, mais dont les mécanismes concrets restent encore flous.
Crises en Europe et en Afrique : l’UE rappelée à ses responsabilités
La guerre en Ukraine, les conflits au Soudan et dans l’est de la RDC ont pesé dans les échanges. Les deux organisations ont condamné les atrocités des Forces de soutien rapide (FSR) au Soudan, notamment à El-Fasher, et réaffirmé leur soutien aux efforts diplomatiques internationaux.
Concernant la RDC, la position européenne a été critiquée frontalement par la Belgique. Le ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévost, a reconnu que l’Union européenne avait trop vite considéré le dossier comme « traité ».
« Je ne suis pas sûr que de nouvelles sanctions soient opportunes », a-t-il ajouté, estimant qu’elles pourraient être utilisées pour perturber les médiations en cours. Il a exhorté l’UE à assumer davantage son rôle dans la stabilisation de l’est congolais, où la situation humanitaire reste catastrophique.
Un partenariat en mouvement, mais à faible vitesse
Si le sommet de Luanda n’a pas livré d’avancée spectaculaire, il confirme au moins la volonté des deux continents de maintenir un dialogue stratégique et de repenser un partenariat souvent critiqué pour son manque de résultats tangibles.
Beaucoup d’engagements, peu d’actes. Reste à savoir si les promesses de Lisbonne, Bruxelles ou Addis-Abeba se transformeront en politiques concrètes au cours des prochains mois.


