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mardi, mai 19, 2026

G20 historique en Afrique : Ramaphosa défie l’absence américaine et pousse l’agenda du Sud global

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Pour la première fois, un G20 se tient sur le sol africain. À Johannesburg, Cyril Ramaphosa joue une partition stratégique : installer l’Afrique au centre du débat mondial, malgré la chaise vide américaine et les tensions diplomatiques avec Washington. Entre climat, dette, minerais critiques et rééquilibrage géopolitique, Pretoria veut transformer ce sommet inédit en levier pour le Sud global.

Le G20 s’est ouvert ce samedi à Johannesburg dans un contexte exceptionnel : première édition africaine, présidence sud-africaine offensive… et absence retentissante de Donald Trump. Un boycott assumé qui n’empêche pas Cyril Ramaphosa d’affirmer ses priorités, ni de rappeler que l’Afrique compte désormais parmi les architectes de la gouvernance mondiale.

La chaise vide américaine, symbole d’un bras de fer diplomatique

Ramaphosa a tout tenté pour faire venir Washington. Jusqu’au dernier moment, Pretoria affirmait avoir reçu des signaux positifs. La Maison Blanche a fini par démentir sèchement. Résultat : un G20 accueilli par l’Afrique du Sud, mais dont la présidence 2026 reviendra à… un absent.

Cette posture américaine reflète un désaccord profond : le thème du sommet — Solidarité, Égalité, Durabilité — est aux antipodes de la ligne unilatérale défendue par Trump. Pretoria encaisse, mais avance.

Quatre priorités pour un G20 conçu en Africain

Malgré les absences de Trump, Xi Jinping, Vladimir Poutine ou Javier Milei, le président sud-africain maintient sa feuille de route. Une feuille de route taillée pour les réalités du Sud global.

Renforcer la résilience climatique

Au lendemain de la COP30, l’Afrique veut concrétiser les engagements et ne plus attendre des mécanismes trop lents ou trop faibles. Ramaphosa insiste : le financement innovant est indispensable pour protéger les populations déjà exposées aux catastrophes climatiques.

Accélérer une transition énergétique juste

Pretoria veut pousser un débat clair : les financements climat doivent inclure davantage de subventions et de prêts concessionnels. Pas question de surendetter les pays africains dans le cadre de leur transition énergétique.

Repenser la dette des pays émergents

C’est l’un des messages les plus forts du sommet : un rapport remis à Ramaphosa propose d’utiliser une partie des centaines de tonnes d’or du FMI pour soutenir ou garantir la dette des pays à faible revenu. Le président sud-africain parle d’un « magot capable de changer la donne ».

Faire des minerais critiques un outil d’émancipation

Le continent détient la majorité des ressources stratégiques nécessaires à la transition mondiale. Ramaphosa veut transformer cet atout en puissance industrielle, en privilégiant la transformation locale et en sécurisant les chaînes d’approvisionnement africaines.

Les inégalités, nouveau terrain de bataille globale

Le rapport de Joseph Stiglitz, attendu au sommet, met la pression : les inégalités ne peuvent plus être traitées comme un sujet périphérique. Ramaphosa s’en empare, même si l’Afrique du Sud reste, selon la Banque mondiale, le pays le plus inégalitaire du monde — un paradoxe qu’il assume comme un moteur d’action.

Géopolitique : un sommet sous tension

L’absence des dirigeants chinois, russe et argentin n’enlève rien à l’importance géopolitique de cette édition. L’Argentine, alignée sur Washington, pourrait durcir les discussions.
Les Européens, eux — France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie — affichent leur soutien au multilatéralisme.

La guerre en Ukraine reste également centrale : Macron, Merz et Starmer ont échangé vendredi avec Zelenskyy, réaffirmant leur soutien total.

L’Afrique, invitée d’honneur et force politique montante

L’un des marqueurs forts du sommet réside dans la présence élargie des pays africains : Algérie, Égypte, Nigeria, République centrafricaine et plusieurs autres États figurent parmi les quatorze invités.

Dès vendredi soir, Ramaphosa a réuni l’ensemble des chefs de délégation africains autour d’un dîner de travail, symbole d’une volonté claire : faire de ce premier G20 africain un tournant politique pour le continent.

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