Une nouvelle tragédie frappe le secteur minier de la République démocratique du Congo. Au moins une trentaine de personnes sont mortes samedi 15 novembre dans l’effondrement d’un pont de fortune sur le site minier de Kalando, à une quarantaine de kilomètres de Kolwezi, dans le Lualaba. Un bilan encore provisoire alors que les recherches continuent.
Un drame au cœur d’une mine semi-industrielle
Le site de Kalando, situé dans le village de Mulondo (territoire de Mutshatsha), est une mine de cuivre semi-industrielle, exploitée à la fois par des creuseurs artisanaux et par la société Pajeclem, sous protection militaire.
Les victimes sont majoritairement des creuseurs artisanaux.
Les autorités provinciales évoquent 34 corps repêchés, tandis que l’association locale des creuseurs avance 49 morts et plusieurs dizaines de disparus.
Deux versions s’opposent
Version officielle
Selon Roy Kaumba Mayonde, ministre provincial de l’Intérieur, les creuseurs ont forcé l’accès au site malgré une interdiction d’entrée due aux pluies et aux risques d’éboulement.
Ils auraient ensuite traversé précipitamment un pont artisanal servant à franchir une tranchée inondée, provoquant son effondrement.
Version des creuseurs et de la société civile
Le récit diffère radicalement : plusieurs sources accusent les militaires chargés de la protection du site d’avoir tiré sur les mineurs après une dispute, créant un mouvement de panique meurtrier.
« Ils ont commencé à tirer. C’était la débandade totale. Les gens tombaient, d’autres marchaient dessus », raconte un creuseur.
Un autre affirme que les soldats prélèvent la moitié de leur production et qu’un conflit sur ce partage aurait déclenché l’incident.
Le gouvernement provincial promet des enquêtes
La gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka, estime que les fortes pluies ont pu fragiliser le massif rocheux et rendre le terrain instable. Elle assure que des enquêtes sont en cours pour établir les responsabilités et que l’aide aux familles est prioritaire.
Une délégation du gouvernement provincial et du Saemape s’est rendue sur place.
Les autorités ont annoncé la poursuite des recherches et la suspension des activités du site.
Des dizaines de personnes encore ensevelies
Selon la société civile, plusieurs dizaines de mineurs pourraient toujours se trouver sous les décombres. Les opérations de secours restent difficiles en raison de la pluie, de l’instabilité du sol et du caractère artisanal des infrastructures.


