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jeudi, décembre 11, 2025

Syrie – États-Unis : Ahmed al-Charaa reçu par Donald Trump à Washington, une alliance historique en gestation

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Aïssatou Faye-Johnson
Aïssatou Faye-Johnson
Correspondante au Sénégal

Le président intérimaire syrien, Ahmed al-Charaa, entame une visite officielle inédite à Washington, consacrant le rapprochement spectaculaire entre Damas et Washington après des années d’isolement.

C’est une première depuis l’indépendance de la Syrie en 1946. Le président intérimaire Ahmed al-Charaa, ancien chef de la coalition islamiste ayant renversé Bachar el-Assad en décembre 2024, est reçu à la Maison-Blanche ce lundi 10 novembre par le président américain Donald Trump. Une rencontre historique qui scelle le retour diplomatique de Damas sur la scène internationale, au lendemain de la levée des sanctions américaines et onusiennes visant son dirigeant.

De l’ancien jihadiste au partenaire stratégique

Longtemps considéré comme un ennemi de l’Occident, Ahmed al-Charaa dirigeait encore en 2023 Hayat Tahrir al-Sham (HTS), ex-branche syrienne d’Al-Qaïda. Depuis son arrivée au pouvoir, il a entrepris une rupture politique et idéologique nette, multipliant les signaux d’ouverture envers les États-Unis et les monarchies du Golfe. Washington a salué cette évolution en retirant son nom de la liste noire du terrorisme et en levant les sanctions internationales à son encontre.

Une coopération militaire en perspective

Selon l’émissaire américain pour la Syrie, Tom Barrack, la visite d’Ahmed al-Charaa vise à officialiser l’adhésion de la Syrie à la coalition anti-jihadiste menée par les États-Unis.
Des sources diplomatiques évoquent également l’installation prochaine d’une base militaire américaine à proximité de Damas. Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a diffusé une vidéo montrant le président syrien et des responsables américains échangeant des passes de basket-ball avec le commandant Brad Cooper et le chef de la coalition internationale, Kevin Lambert — une mise en scène symbolisant le « réchauffement » des relations bilatérales.

Sécuriser le territoire et relancer la reconstruction

Le ministère syrien de l’Intérieur a annoncé ce week-end avoir mené plus de soixante raids contre les cellules dormantes de l’État islamique dans plusieurs provinces, d’Alep à Deir ez-Zor. Une démonstration de fermeté saluée par Washington, qui y voit la preuve de la « volonté réelle » du nouveau pouvoir syrien de stabiliser le pays.

Les discussions entre Donald Trump et Ahmed al-Charaa doivent également porter sur la reconstruction d’une Syrie exsangue, un chantier évalué à plus de 216 milliards de dollars par la Banque mondiale, ainsi que sur une possible reprise des négociations indirectes avec Israël, en vue d’une normalisation dans le cadre élargi des Accords d’Abraham.

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