Jusque-là, le Conseil de sécurité s’était cantonné à des mises en cause timides de Kigali. À l’issue de cette visite, il a cette fois-ci clairement identifié le Rwanda comme pays agresseur. Il a également souligné les nombreuses incursions de l’armée rwandaise dans le Nord-Kivu. « Il n’est plus à démontrer que le Rwanda soutient la rébellion du M23. Il faut que ça cesse ». À la fin de sa visite de trois jours à Kinshasa et à Goma, par la voix de l’ambassadeur français qui conduisait la mission, le Conseil de sécurité des Nations unies a donc été très clair : c’est la première fois qu’il dénonce le soutien du Rwanda au M23 en endossant d’ailleurs les rapports produits par les experts.
Toutefois, aucune action coercitive n’est pour l’instant annoncée contre Kigali. Le Conseil de sécurité en appelle à la responsabilité des autorités congolaises et des pays de la sous-région.
« Les Nations unies ne peuvent pas tout régler à la place des autorités locales, a expliqué Nicolas de Rivière, l’ambassadeur de France à l’ONU. Elles ne peuvent pas non plus régler le comportement des voisins. »
Le conseil préconise, à ce stade, des discussions directes au niveau régional et veut éviter tout recul de l’engagement des pays voisins dans la recherche de la paix. Il insiste sur la mise en oeuvre de l’accord-cadre pour la paix et la sécurité dans l’est de la RDC signé en février 2013 à Addis-Abeba par onze pays de la sous-région des Grands Lacs. Ce texte doit être, a-t-il dit, « la boussole de l’action internationale ». Concernant le M23, des sanctions vont être prises contre ses leaders.
L’objectif principal de cette visite d’une délégation du Conseil de sécurité des Nations unies était d’évaluer la situation sécuritaire dans le pays et la mise en œuvre du mandat de la Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC (Monusco). Ses membres devaient aussi faire un point sur le processus électoral, puisque la RDC doit élire son président à la fin de l’année.

