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jeudi, avril 16, 2026

Présidentielle au Bénin : l’opposition exige la démission de Romuald Wadagni

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Aïssatou Faye-Johnson
Aïssatou Faye-Johnson
Correspondante au Sénégal

À dix-neuf mois de la présidentielle d’avril 2026, la candidature de Romuald Wadagni, ministre des Finances et de la Coopération, continue d’alimenter la controverse politique au Bénin. Choisi par la majorité présidentielle pour porter ses couleurs, il fait face à une forte contestation de l’opposition, qui dénonce une situation de conflit d’intérêts.

Le parti Les Démocrates pointe en particulier le rôle stratégique du ministre dans la délivrance du quitus fiscal, un document incontournable pour valider toute candidature à la magistrature suprême. En tant que tutelle directe de la Direction générale des impôts, Romuald Wadagni est perçu comme juge et partie dans un processus électoral censé garantir l’équité.

Du côté du gouvernement, on tente de calmer les inquiétudes. Le porte-parole, Wilfrid Houngbédji, a confirmé que le ministre quittera ses fonctions, mais seulement après l’adoption de la loi de finances 2026, actuellement en préparation. « En temps et en heure, le ministre saura se mettre en congé de ses activités gouvernementales. L’opposition peut être rassurée : le quitus fiscal sera délivré en toute transparence aux candidats qui présenteront des dossiers conformes », a-t-il déclaré.

Un quitus fiscal au centre de la polémique

Malgré ces assurances, le climat reste tendu. Pour Guy Mitokpè, chargé de communication des Démocrates, la position de l’exécutif ne fait que confirmer leurs inquiétudes. « En dix ans de gouvernance, ils ont montré leur capacité à contourner les lois et les principes fondamentaux. Nous maintenons donc notre exigence : la démission immédiate de Romuald Wadagni », a-t-il répliqué.

La session budgétaire, qui s’ouvre en octobre, devrait s’étaler sur plusieurs semaines avant le vote du budget national. La majorité, quant à elle, insiste sur la nécessité de concilier deux impératifs : le respect des procédures démocratiques et la continuité de l’action publique.

Au-delà de ce bras de fer, la polémique souligne l’importance du quitus fiscal, devenu un enjeu politique majeur dans les scrutins béninois récents. Entre stratégie institutionnelle et rivalité électorale, le débat autour de Romuald Wadagni pourrait bien donner le ton de la campagne à venir.

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