Les habitants des deux cités stratégiquement situées à proximité des frontières avec le Sénégal et la Mauritanie craignent notamment que l’embargo annoncé par les jihadistes ne débouche sur une pénurie de denrées de première nécessité. Ils s’alarment également des conséquences que pourrait avoir un blocage des livraisons d’essence sur l’ensemble du secteur pétrolier malien.
Au Mali, les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), affiliés à al-Qaïda, ont décrété un blocus contre les villes de Kayes et de Nioro-du-Sahel, deux cités frontalières avec le Sénégal et la Mauritanie.
Kayes, forte de ses 130 000 habitants, constitue une porte d’entrée stratégique sur la RN1 pour l’approvisionnement du pays depuis le Sénégal. De son côté, Nioro-du-Sahel, environ 50 000 habitants, se situe sur l’axe principal reliant le Mali à la Mauritanie. Ces deux villes sont considérées comme des poumons économiques de l’Ouest malien, et leur isolement pourrait avoir des répercussions nationales.
Si le blocus venait à être appliqué, l’impact serait immédiat : paralysie du commerce, flambée des prix et risque de famine. Un habitant témoigne :
« Le pays marche sur un seul pied aujourd’hui. C’est le moment pour tous les citoyens de se donner la main pour sortir de cette situation. Si jamais ce blocus devient effectif, les conséquences seront terribles : il risque d’y avoir une pénurie de denrées de première nécessité, ce qui engendrera la famine. Et cela affectera davantage les enfants. »
Le secteur pétrolier dans le collimateur des jihadistes
Les menaces du Jnim concernent aussi l’approvisionnement en carburant. Les camions-citernes venant du Sénégal, mais également de la Guinée et de la Côte d’Ivoire, pourraient être empêchés de circuler. Une perspective qui fait craindre le pire aux acteurs du secteur pétrolier malien.
Un employé confie :
« Les autorités doivent prendre très au sérieux ce que les terroristes viennent d’annoncer. Un blocus affecterait directement nos entreprises. Nos sociétés feront faillite. Depuis que nous avons appris cette nouvelle, nous ne sommes pas tranquilles, nous avons peur. »
À travers ce blocus, le Jnim cherche à fragiliser encore davantage un pays déjà confronté à de multiples défis sécuritaires et économiques.


