Après la réduction drastique de l’aide américaine au développement, les coupes dans les financements dédiés aux opérations de maintien de la paix suscitent une vive inquiétude au sein des Nations unies. Washington a annulé 4,9 milliards de dollars d’aide étrangère, pourtant validés par le Congrès. Parmi ces fonds, 800 millions de dollars étaient destinés à soutenir les missions onusiennes, dont la moitié se déroulent sur le continent africain.
Selon l’ONU, cette décision pourrait compromettre la protection des civils, notamment au Soudan du Sud et en République démocratique du Congo (RDC). L’administration américaine critique ouvertement l’efficacité des missions de maintien de la paix, pointant du doigt les échecs constatés au Mali, en RDC et en République centrafricaine, ainsi que les coûts jugés exorbitants, la corruption et des scandales liés à des abus sexuels.
À ce jour, l’ONU fait face à un déficit estimé à 2,7 milliards de dollars pour financer ses opérations de paix. En réaction, l’organisation a mis en place un plan de rigueur baptisé ONU 80, qui prévoit le gel des recrutements, la réduction des dépenses et la suspension de certaines activités. Parmi les options étudiées figure le retrait de 4 000 casques bleus de la MONUSCO en RDC, soit près d’un tiers des effectifs.
Les États-Unis ont également refusé de financer, via l’ONU, la mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM), pourtant essentielle dans la lutte contre les insurgés al-Shebab. Cette opération reste aujourd’hui à la recherche d’un mécanisme de financement durable.


