La campagne électorale pour la présidentielle du 29 octobre s’est ouverte en Tanzanie dans un climat politique très contrôlé. Alors que le principal parti d’opposition, le Chadema, est écarté de la compétition, de petites formations tentent d’exister, mais elles peinent à incarner une véritable alternative.
Officiellement, la course oppose le parti au pouvoir, le CCM, à ses rivaux. Dans la réalité, le Chadema est déjà neutralisé : son leader, Tundu Lissu, est détenu depuis avril, accusé de trahison pour avoir réclamé des réformes électorales.
Dans ce paysage verrouillé, certains partis essaient de se démarquer. Le Chaumma a récemment lancé sa campagne présidentielle, renforcé par l’arrivée de militants déçus du Chadema. Mais il reste largement perçu comme proche du pouvoir, voire soutenu en coulisses par le CCM. L’ACT-Wazalendo, souvent présenté comme la deuxième force d’opposition, a vu son candidat, Luhaga Mpina — transfuge du CCM — disqualifié par la commission électorale pour irrégularités dans la procédure de nomination.
Des formations assimilées à des satellites du pouvoir
La présence de ces petites formations ne convainc pas une partie de l’opinion publique, qui estime qu’elles servent davantage à donner l’image d’un pluralisme qu’à proposer une alternative crédible. Sur les dix-huit partis officiellement enregistrés, la plupart sont considérés comme des relais du CCM, qui domine la vie politique tanzanienne depuis 1977.
Sous la présidence de Samia Suluhu Hassan, le CCM s’avance donc vers une élection sans véritable rival, alimentant les craintes d’une partie de la société civile qui redoute un scrutin verrouillé et joué d’avance.
La présidentielle concernera également Zanzibar, où l’ACT-Wazalendo participe à un gouvernement d’union nationale avec le CCM. Mais même sur l’archipel, où l’opposition bénéficie d’une base militante solide, sa marge de manœuvre reste limitée.


