Au Darfour, la situation sécuritaire et humanitaire continue de se détériorer. Ce samedi 30 août, une frappe attribuée à l’armée soudanaise sur une clinique de Nyala, au Darfour du Sud, a fait au moins douze morts. Dans la soirée, une autre attaque, cette fois imputée aux paramilitaires, a touché la ville d’El-Fasher, causant neuf victimes supplémentaires.
Depuis plus d’un an, la capitale du Darfour du Nord est assiégée par les Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdan Daglo, dit Hemedti, qui tentent de s’emparer de la ville tenue par l’armée soudanaise. Les offensives se sont intensifiées ces deux dernières semaines, notamment dans la zone ouest où les paramilitaires cherchent à contrôler l’aéroport, dernier point stratégique encore sous autorité gouvernementale.
Une population prise au piège
À El-Fasher, les bombardements sont devenus quotidiens. Certaines journées, la ville subit jusqu’à trois assauts, menés par tirs d’artillerie ou par drones. Les habitants vivent dans la peur permanente et cherchent refuge dans des abris de fortune creusés dans le sol ou dans des containers enterrés. Mais même ces cachettes sont visées par les frappes.
Un résident raconte : « Tout est devenu très dangereux. Aller chercher de l’eau ou de la nourriture est risqué. Les FSR essaient de faire fuir la population afin de prendre le contrôle de la ville. »
Une crise alimentaire alarmante
Assiégée depuis dix-sept mois, El-Fasher est aujourd’hui menacée de famine. Les convois humanitaires ne parviennent plus à atteindre la ville et l’acheminement de denrées est quasiment impossible. Les cuisines collectives financées par la diaspora restent la principale source de subsistance, mais elles ne permettent qu’un repas par jour.
« À cause du siège, les produits ont du mal à arriver. Parfois, les marchés ferment à cause des bombardements. Et quand ils sont ouverts, les prix sont inabordables. Si les gens ne trouvent rien, ils mangent de l’ambaz, un fourrage destiné au bétail, qui est devenu la base de l’alimentation », confie un habitant.
Dans les rues, le nombre de mendiants ne cesse d’augmenter, notamment parmi les enfants. Beaucoup souhaitent fuir El-Fasher, mais les routes sont trop dangereuses.


